Liberté n° 334 – Printemps 2022

Comment continuer?

Dix ans après 2012, le monde reste à refaire

Lorsqu’est venu le temps de réfléchir à ce dossier sur l’héritage de la grève étudiante 2012 dix ans plus tard, nous, membres du comité éditorial de Liberté, nous sommes cassés la tête. Comment parler de l’héritage de ce soulèvement sans idéaliser, ni assombrir, ce que fut le printemps étudiant? À qui devrait-on demander de réfléchir à cet événement aux ramifications innombrables? L’exercice du «bilan» ou de la «commémoration» est-il voué à gommer l’irréductible polyphonie de la grève?

Dans ce dossier, nous proposons des textes qui s’inscrivent précisément dans la tension, dans l’ambivalence entre le désespoir et les perspectives de mobilisations futures. À défaut de pouvoir dresser un bilan de la grève étudiante de 2012, nous proposons ici de regarder en face cette ambiguïté devant l’avenir.

Colloque

  • L’année 2021 marquait le quarantième anniversaire de la publication du Discours antillais, du philosophe, poète et écrivain martiniquais Édouard Glissant. Cet essai est un jalon majeur d’une pensée non systémique du monde. Partant d’un lieu, les Antilles, abordant la littérature, l’esclavage, la créolisation, les résistances quotidiennes, Glissant tisse un archipel de ces manifestations pour en faire une tension créatrice et un imaginaire de l’émancipation. Les textes rassemblés dans ces pages entendent diffuser plus largement les propos échangés dans le cadre de l’événement «Édouard Glissant au Québec: 40 ans après Le discours antillais», organisé en septembre 2021 à Montréal par Philippe Néméh-Nombré et Michel Nareau, membres du comité éditorial de Liberté. Le présent entretien est issu d’une table ronde tenue lors de ces trois journées d’activités.

Reportage

  • Les skateparks ont longtemps été investis par des hommes hétérosexuels qui performaient le genre au plus près de ses codes, et ce, malgré l’aspect contestataire associé à ces lieux devenus presque mythiques. Cet été, pourtant, en pleine pandémie, des dizaines de jeunes queers de Montréal prennent d’assaut le parc sous le viaduc Van Horne et y revendiquent leur droit d’être aussi dans cet espace, dont l’occupation, depuis ses tout débuts, est la contestation de l’ordre établi.

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