Liberté n° 331 – Été 2021

Dans la forêt

Du Nitassinan à Amanalco, une politique du vivant

La forêt recouvre près de la moitié du territoire du Québec, selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. C’est l’un des plus grands réservoirs forestiers au monde, représentant 2% de la forêt mondiale et 35% du couvert forestier canadien. Il n’est donc pas surprenant que la forêt soit omniprésente dans nos récits fondateurs. On raconte cependant peu notre rapport à la forêt en adoptant le point de vue de ses premiers habitants. On parle plus volontiers de sa conquête héroïque par les coureurs des bois, les colons et les missionnaires; on se plaît à imaginer, à raconter, encore et encore, l’épique prise de possession du territoire, l’histoire (bien partielle) de la civilisation de cette soi-disant terra nullius... Le règne de l’extractivisme, chez nous, est loin d’être terminé. Il est pourtant primordial de formuler un engagement éthique clair, inébranlable, pour la préservation des écosystèmes. Comment y arriver alors qu’on peine à les comprendre et à y inscrire l’activité humaine de façon respectueuse et pérenne? Nous proposons ici d’observer la forêt de l’intérieur; de renverser les images de cartes postales qui, toujours, présentent la forêt en surplomb, comme une chose que le regard humain peut englober, régir. Il s’agira plutôt dans ce dossier de visiter la forêt, de s’imprégner de son imaginaire, de son relief, de sa complexité, afin d’apprendre à mieux habiter notre monde.

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