Liberté n° 329 – Hiver 2021

Qui a peur des algorithmes?

Regards (acérés) sur l’intelligence artificielle

Dans ce dossier, nous entendons interroger l’emprise grandissante des algorithmes et de l’intelligence artificielle sur nos vies et sur nos sociétés. Les algorithmes façonnent aujourd’hui la diffusion culturelle et médiatique, ils influencent nos préférences politiques, déterminent les discours auxquels nous sommes exposés et les produits que nous consommons. Dans presque tous les secteurs de l’économie, on se tourne progressivement vers ces nouvelles technologies afin de gagner en efficacité. Partout, on célèbre avec enthousiasme les «progrès» phénoménaux dans le domaine de l’intelligence artificielle. On injecte dans ce secteur une quantité apparemment infinie d’argent et de talent. Les États envisagent désormais de déléguer la gestion des risques sociaux et sanitaires aux algorithmes, avec le déploiement de multiples dispositifs de traçage numérique. Mais savons-nous même penser les algorithmes? Avons-nous eu le temps de réfléchir aux implications sociales de la délégation aux algorithmes d’un nombre croissant de tâches et de responsabilités humaines? Nous apprêtons-nous à renoncer à l’exercice politique lui-même, en succombant à une rationalité technoscientifique qui prétend pouvoir résoudre toutes les tensions, tous les conflits?

Entretien

Reportage

  • La crise sociale que traverse le Chili depuis 2019 a réveillé le traumatisme des années de dictature. À Montréal comme ailleurs, les exilé·es s’inquiètent, s’indignent. Ils sont solidaires mais terriblement seul·es.

Essai libre

  • Cinquante ans plus tard, l’affaire Laporte est loin d’être parfaitement éclaircie. L’État canadien ne trouvait-il pas au fond son intérêt vis-à-vis de l’opinion dans ce crime spectaculaire? Difficile, à l’heure du conspirationnisme tous azimuts, de démêler posément les fils de cette sombre histoire…

Dossier

Fait divers

  • Théâtre de l’ordinaire, le fait divers met en relief une tragédie qui, en arrivant aux autres, nous permet tantôt de savourer des désirs innommables, tantôt de méditer sur le destin. Kevin Lambert se demande dans ce texte jusqu’où nous courberons l’échine.