Liberté n° 314 – Hiver 2017

Prendre la littérature au sérieux

Un tour d’horizon

Pouvons-nous encore entendre ce que les lettres sont seules à dire?

On ne sait plus trop, c’est un des traits charmants de notre époque, quoi attendre de la littérature et, moins encore, qu’en faire. On peut s’en désoler. D’ailleurs on ne s’en prive pas. L’important dans ce temps-là est de garder à l’esprit que l’essentiel des âges nous ayant précédés ne voyait pas plus quoi faire de ces drôles de textes. Platon déjà, c’est pour dire, c’est l’exemple des exemples, souhaitait, pour le bien-être de la République, mettre les poètes à la porte de la Cité. Voltaire et Beaumarchais se sont retrouvés enfermés à la Bastille. Baudelaire et Flaubert, sans parler de tous les autres, ont eu sur le dos des procès pour attaque aux bonnes mœurs. Marina Tsvetaïeva et combien d’autres ont connu des destins terrifiants parce que Staline ne les pifait pas. The Catcher in the Rye, The Grapes of Wrath, The Scarlet Letter ont été, et sont encore parfois, interdits dans un paquet d’États des États-Unis. Dans le même ordre d’idée, on sait combien chez nous, du temps où l’Église en menait large, le moindre pet de travers pouvait vous mettre dans le trouble et valoir à votre œuvre de se retrouver à l’Index comme en témoignent la vie de Jean-Charles Harvey et le sort de ses Demi-civilisés.

Entretien

Essai libre

  • Après l’attentat de Charlie Hebdo, les caricaturistes se sont fait fort de se présenter comme un contre-pouvoir essentiel, protégé de surcroît par la sacro-sainte liberté d’expression. Mais jouent-ils vraiment ce rôle de trublion? Ou se complaisent-ils dans une position plus confortable qu’elle n’en a l’air?

Dossier