Dossier

Renouveler la ville

Comment remplacer l’eau du bocal et faire croire aux poissons qu’ils ont un nouvel aquarium?

Selon Steven Pinker, professeur de psychologie à Harvard et essayiste à succès, il vaut mieux vivre en 2018 qu’à n’importe quelle autre époque. Objectivement, soutient-il, nous vivons dans un monde moins violent et cela constitue une indication que les «Lumières» ont été réalisées ou sont en voie de réalisation. Il n’est pas le seul à défier le pessimisme apocalyptique à la mode et à s’attaquer aux idées reçues. On n’a qu’à penser à Gilbert Rozon qui donnait la réplique à Alain Deneault sur le plateau de Tout le monde en parle en 2017. Contre le cynisme ambiant, on nous invite à accepter que le monde n’ait jamais été aussi paisible et agréable.

Les perspectives de progrès n’ont jamais été aussi abondantes. Grâce à la science et à la technologie, le monde de demain risque d’être fort différent de celui d’aujourd’hui. Si aujourd’hui est mieux qu’hier, cela veut probablement dire que demain sera encore mieux qu’aujourd’hui. Ainsi, s’il y a une seule raison de railler notre époque, c’est que, très bientôt, on se retournera pour la contempler avec stupeur.

Cette vérité, les développeurs et les élus locaux de la région montréalaise l’ont bien comprise. On ne compte plus les «nouveaux» projets visant à nous faire passer de la ville d’aujourd’hui à la ville de demain. Du renouvellement d’un quartier à la création d’un centre-ville jusqu’à la pure invention d’une ville, tous les espoirs semblent permis. Cependant, la dure réalité d’hier est parfois difficile à expurger, et demain difficile à faire advenir. Les résultats sont donc nécessairement à degrés variables. Le «Nouveau Monde» qui se vend actuellement à fort prix mérite certainement une analyse au cas par cas.

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