Critique – Littérature

La Librairie Hannenorak: paroles des Premiers Peuples

Entretien avec Daniel Sioui

Daniel Sioui a fondé la Librairie Hannenorak en 2009 en plein cœur de Wendake, communauté wendat de la région de Québec. Il s’agit de la seule librairie spécialisée en littérature des Premières Nations ainsi que de la seule librairie située en territoire autochtone au Québec, et possiblement au Canada. En 2010, il cofonde avec son père, l’auteur Jean Sioui, les Éditions Hannenorak, une maison qui publie une grande diversité d’ouvrages – contes, nouvelles, romans, essais, poèmes – issus des Premières Nations.

Daniel Sioui est aussi membre de Kwahiatonhk!, un organisme de promotion de la littérature écrite par les auteurs autochtones, et l’un des cofondateurs du Salon du livre des Premières Nations, tenu chaque automne depuis 2012.

Liberté est allé le rencontrer à Wendake, dans sa librairie.

D’où t’est venue l’idée de fonder une librairie spécialisée en littérature des Premières Nations? Qu’est-ce qui t’a permis de démarrer ce projet?

Daniel Sioui – C’est en 2007-2008 que j’ai commencé à réfléchir à ce projet. Avant tout, c’est l’amour de la littérature qui m’y a poussé. Je traversais une phase difficile et la lecture m’a sauvé. À ce moment-là, je ne faisais que ça, lire douze heures par jour. Je voulais transmettre cette passion. L’autre passion qui m’a motivé, bien sûr, c’est celle de ma culture. Plus jeune, je ne la connaissais pas vraiment, et quand je me suis mis à m’y intéresser, j’ai cherché des livres d’auteurs autochtones; c’était pratiquement introuvable! À l’époque, il y avait la Librairie du Nouveau Monde, dans le quartier Petit Champlain à Québec, qui avait une section «Littérature autochtone» où je pouvais aller fouiller, mais il n’y avait presque rien. Dans les communautés autochtones, certaines boutiques d’artisanat offrent quelques livres à vendre, mais il n’y a pas de libraire qui connaît ces titres et est en mesure de conseiller les clients. C’est pourquoi j’ai eu l’idée d’ouvrir une librairie pour rassembler tout ce qui parlait des Premières Nations.

Au début, j’imaginais un café-librairie, mais après quelques années les livres ont pris toute la place, alors le coin café a pris le bord! Tout le monde me disait qu’une libraire sans café ne serait pas rentable, mais finalement, ça fait presque dix ans que ça fonctionne. On s’est installés dans la maison que mon grand-père a bâtie de ses mains, où mon père a vécu, comme mon frère, ma sœur et moi. J’y travaille avec ma blonde, Cassandre Sioui. C’est vraiment une affaire familiale.

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Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 321 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

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