Dossier

Deuil et cérémonie

Liminalité autochtone: une perspective maorie du traumatisme générationnel.

Ki te wareware i a tatau tenei tikanga a tatau, ara te tangi ki o tatau tupapaku, katahi to tatau Maoritanga ka ngaro atu I te mata o te whenua kit e Po, oti atu.

Si nous oublions nos pratiques culturelles, en particulier celles qui concernent les morts, l’essence même de notre existence en tant que Maoris sera perdue, et ce, depuis le visage de cette terre jusqu’au monde souterrain, à jamais.

— Timoti Karetu

Oiseau de passage – chant des lamentations

Sur la terre des oiseaux, les manuhiri, qu’on appelle les visiteurs, sont ceux qui ont les ailes les plus silencieuses. Certains d’entre eux sont des gardiens nocturnes. Ils émettent un cri strident au moment où les vivants passent dans l’autre monde.

Enfant, je restais éveillé des heures à ma fenêtre à attendre mes visiteurs aux petites ailes douces et funestes.

Avant la Rupture, les gardiens de mon père volaient librement, aériens et robustes, et leurs battements d’ailes suscitaient ma curiosité, même si le rideau ondulant devant la vitre de la fenêtre faisait croître mon angoisse. Parfois, mon père apparaissait sur le pas de ma porte et me demandait si je les avais vus ou entendus, et tandis que les autres dormaient, nous restions là à les accueillir.

Ces visites, cet héritage, annonceraient l’arrivée imminente de mon propre visiteur, un oiseau récalcitrant.

Ça commence ainsi: c’est une chute du crépuscule; puis, lente au départ, la lumière naissante se fait enveloppante. Pour un jeune corps, la tension est effrayante, et la lumière, trop vive, pèse sur la chair. Je ne suis jamais prêt, je suis un hôte en panique, en bouleversement. Peut-on voir un autre corps s’épanouir à l’intérieur du nôtre?

Le mien est un foyer d’invasion.

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