Dossier

L’âge de la renaissance des Premiers Peuples

La politique organique

Il doit défendre sa communauté non plus par le rêve d’une totalité monde, qui serait universellement acquise; il doit défendre sa communauté dans la réalité d’un chaos monde qui ne consent plus à l’universel généralisant.

— Édouard Glissant, introduction à une poétique du divers

Je suis revenue.

Je suis revenue pour prendre pays.

Je suis revenue avec la lumière.

Je suis revenue pour reprendre le nom de mes ancêtres.

Le monde présent tire à sa fin. Son métabolisme craquelle de partout. Sa structure chancelle. Et chaque fois qu’une femme autochtone prend la parole, tout bouge autour de nous. Une tempête se déploie, un orage se fait entendre au loin, cela arrive à grands pas.

Et si elle pousse un cri…

Le monde est à refaire. Il existe d’autres avenues pour nous accomplir. D’autres pensées. Pendant que le monde tombe, nous, nous redonnons vie à nos langues, à nos danses, à nos chants, aux migrations qui rassemblaient nos ancêtres à une époque où on ne savait pas ce que polluer et détruire pouvaient signifier.

Les Innuat (pluriel d’Innu) sont parvenus au territoire que nos ancêtres ont nommé plus tard Nitassinan il y a environ dix mille ans. Dix mille années d’amour et de tendresse envers une géographie difficile et rude. Une interdépendance sculptée à la main et avec le pied des enjambées subarctiques. Ne sommes-nous pas un peuple de paix, dont la philosophie et la plénitude se trouvent dans l’environnement? Je suis d’un peuple qui aime rire, qui aime danser lorsque les communautés se retrouvent au même point cardinal. Personne ne pourra venir définir et redéfinir cette vérité.

La suite de cet article est protégée

Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 321 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

Mais pour ne rien manquer, le mieux, c’est encore de s’abonner!