Dossier

Premiers peuples: cartographie d’une libération

Dès nos premiers contacts à l’automne 2017 avec l’équipe de Liberté au sujet de ce numéro consacré à la voix des Premiers Peuples, nous nous demandions jusqu’à quel point les membres de la revue, ainsi que son lectorat, seraient prêts à accueillir les points de vue des Premiers Peuples ainsi que leur interprétation du monde. On nous a demandé de décrire les choses telles que nous les voyons, mais aussi de souligner les angles morts dans la discussion sur les rapports coloniaux, au sein de la société québécoise. Les personnes issues des Premiers Peuples savent bien que parler du colonialisme québécois et canadien est difficile et non sans conséquence. Certaines rapportent même s’être déjà fait dire de «retourner dans leur pays» si elles n’étaient pas contentes – ce qui ne manque pas d’ironie. Ainsi, nombreux sont ceux qui ont appris à taire leurs critiques, afin d’éviter les malaises ou les représailles. Personne ne devrait avoir à se sacrifier pour formuler une critique. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que nous ayons craint l’accueil réservé à notre parole, dans ces pages.

La sensibilité, l’écoute, voire l’humilité de l’équipe de la revue, ainsi que son intérêt réel à laisser vivre dans ces pages nos pensées et nos visions dans toute leur originalité se sont avérés exceptionnels. Nous souhaitons exprimer notre gratitude et rendre hommage à ce noble geste d’ouverture. Nous avons voulu écrire non pas pour plaire, mais par souci de vérité. Liberté nous a offert un lieu et de l’oxygène pour penser librement nos rapports avec la société majoritaire et exprimer nos idées sans craindre qu’elles soient réprimées ou limitées.

Il n’est possible de construire de relations solides que sur la base de l’honnêteté. Il faut pouvoir dire les choses comme nous les voyons et les vivons. C’est une question de respect. Or, il y a ceux qui se contentent de tenir un discours abstrait sur la réconciliation et ceux qui osent regarder en face la vérité ainsi que les remises en question qu’elle suscite, au sein de nos sociétés respectives. Ceux qui acceptent de prendre leurs responsabilités, dès maintenant et pour l’avenir. C’est dans cet esprit que nous avons accepté de diriger ce dossier. L’oppression passée et présente laisse des traces funestes, des angoisses qui perdurent. Ce numéro se veut donc à la fois émancipateur et thérapeutique. D’ailleurs, le contenu présenté ici est pour nous aussi important que le processus ayant mené à sa création.

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Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 321 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

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