Dossier

Colonialisme et gratitude

Toile d’anecdotes pour détisser des siècles de domination.

La langue de l’oppression n’est pas une simple représentation de la violence, c’est la violence elle-même [...].

— Toni Morrison

Au départ, j’ai voulu penser l’hospitalité dans l’idée d’un humanisme universaliste, transcendantal, avec comme point de départ un lieu éthéré, comme si une telle situation d’énonciation, anonyme, indifférente à la source, était possible. J’ai été formée à l’université. Mon esprit a fait volte-face. J’entamais une route impossible. Il fallait commencer par ma première maison, mon corps, et ouvrir une fenêtre, ma voix.

J’écris en territoire non cédé, moi l’ostie d’négresse. Mon enfance est bel et bien entre Passe-Partout et la gomme balloune.

Alors que je dépose ces mots, des milliers de personnes se pressent aux frontières pour demander l’asile. Les Palestinien.ne.s et les Syrien.ne.s cherchent à fuir leurs camps. Ailleurs, c’est la nuit profonde sur la Méditerranée. Ailleurs, c’est la nuit profonde dans les esprits.

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Membre du conseil d’administration du Salon du livre de Montréal, présente dans les débats touchant les personnes racisées et préoccupée par les politiques sur la lecture au Québec, Lorrie Jean-Louis détient une maîtrise en études littéraires et une autre en bibliothéconomie. Elle a contribué à la mise sur pied de la nouvelle mouture des Rendez-vous du premier roman au Québec.