Nos histoires / Kwatendotonnionhk

Après l’Écosse, la Catalogne, le Brexit… l’île de la Grande Tortue!

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de notre futur. Notre futur en tant que Québécois, mais surtout en tant que membres de la grande famille des Premières Nations. Mon but est de susciter une discussion entre vous, les allochtones, et nous, les Autochtones, mais surtout entre nous. Pourquoi parler du futur? Peut-être parce que je suis un peu tanné de me faire dire que mon peuple vit dans le passé. Mon peuple, les Premières Nations, commence à réfléchir au présent et à soigner ses plaies, tranquillement nous nous dotons d’un présent plus confortable. Il est peut-être maintenant temps de penser au futur. Un futur qui concernerait toutes les Premières Nations, un futur qui nous aiderait à bâtir le présent que nous envisagerions enfin à notre image. Vous me direz que notre futur est déjà tracé. Qu’un jour, le Canada va enfin se décider à bien nous traiter et que nous finirons par accepter notre sort, de faire partie de la fédération canadienne, dans la joie et l’allégresse, comme tout Canadien qui se respecte…

La situation ne peut plus continuer comme ça. C’est vrai que la population canadienne est de plus en plus consciente des problèmes reliés aux communautés autochtones, qu’elle y est plus sensible, mais on ne peut certainement pas dire que c’est la joie tous les jours dans les réserves. Qui ne voit pas le côté crétin de la Loi sur les Indiens, qui fait de nous des pupilles de l’État et qui nous empêche de prendre en main notre destinée? Beaucoup d’Autochtones réclament sur toutes les tribunes offertes de sacrer à la poubelle cette maudite loi… mais qu’est-ce qui se passerait après?

C’est là notre gros problème. Tout le monde crie à gorge déployée (je m’inclus parmi les crieurs) qu’il faut se débarrasser de cette loi arriérée, mais je n’entends jamais parler, ou rarement, de ce qui pourrait se passer après. Si nous, les Premières Nations, n’en parlons pas maintenant, nous allons encore manquer le bateau et subir ce que les autres auront décidé pour nous, une fois de plus. Il nous faut aborder cette question.

Daniel Sioui est un entrepreneur wendat qui s’implique dans le milieu littéraire des Premières Nations depuis près de dix ans. En 2009, il ouvre à Wendake la Librairie Hannenorak, seule librairie spécialisée dans la littérature des Premières Nations, et cofonde, en 2010, les Éditions Hannenorak. En 2011, il met sur pied la première édition du Salon du livre des Premières Nations pour mettre en valeur le talent des auteurs autochtones.

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Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 322 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

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