Critique – Cinéma

Entre soi et l’autre

Khoa Lê fait l’inventaire de son héritage.

Dans le documentaire Ba Noi, l’artiste Khoa Lê va au plus près de lui-même en se mettant en scène: il part du Canada et va à la rencontre de sa grand-mère au Viet Nam. Il propose donc une dialectique simple mais efficace en mettant en scène le lien concret entre un soi et un autre.

Symboliquement, le film s’ouvre sur une superposition d’images au crépuscule. Est-ce la lueur qui précède le lever ou le coucher du soleil, le jour ou la nuit qui s’annonce, le commencement ou la fin? C’est un moment où se mélangent inconnu, crainte, crédulité et espoir. Dans une ambiance sonore électronique, les incertitudes de l’identité, du voyage et de la création s’annoncent par des mélanges de messages vocaux laissés par la famille, des amis et des collaborateurs, reflétant déjà une grande diversité de voix, d’accents et de cultures. Tous recherchent Khoa Lê. Où se trouve-t-il? Il est occupé, plongé dans son crépuscule intérieur afin de dissiper ce flou, indépendant tel un cheval solitaire, comme le lui révèlera une voyante pendant son voyage.

Au Viet Nam, il revisite le territoire, la culture et la tradition: fête du Nouvel An, prière, chants liturgiques, fils de soie, riz, etc. Il visite un cimetière la nuit, se laisse imprégner par la nature et se fait visiter par des «fantômes» dans des jeux d’ombres nocturnes, comme dans un rêve. De la même manière, le passé hante le présent, la mémoire façonne l’identité.

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