Critique – Cinéma

Les roseaux casseront-ils?

Un repli, portrait du malaise d’une génération.

Dans son film Un repli, Guillaume Roussel-Garneau reformule le problème que posait Albert Camus dans Le mythe de Sisyphe : «l’ultime question du libéralisme, c’est le suicide».

De cette formule apparemment abstraite, le cinéaste-philosophe conçoit cette idée expérimentale qui va animer la vie des personnages: «Ils ont étudié, analysé, déconstruit le concept d’aliénation. Maintenant, ils le vivent.»

L’agente de sécurité, qui a fait un «bac multisuicidaire» en cumulant un certificat en théâtre, une mineure en océanographie et une autre en sociologie; le livreur de pizza, diplômé en histoire; leur ami, qui travaille dans un entrepôt après avoir étudié en anthropologie; et d’autres. Cette jeunesse qui file un mauvais coton en a beaucoup à penser, à dire et à vivre. Roussel-Garneau semble d’ailleurs vouloir tout embrasser comme si c’était son dernier film: aliénation, capitalisme sauvage, legs athéiste et marxiste contre héritage chrétien, mariage transnational et interreligieux, insémination naturelle, banalité de la reproduction institutionnelle, inefficacité des idéaux intellectuels aux plans individuel, national et mondial, etc.

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