Critique – Poésie

Lumière noire

Le dernier recueil de Benoît Jutras confirme sa maturité poétique.

À la lumière d’Outrenuit, le cinquième livre de Benoît Jutras paru aux Herbes rouges, j’ai relu les quatre précédents. Quand une œuvre commence à prendre une certaine ampleur, j’aime revenir en arrière pour me rappeler d’où vient la voix qui la porte. Je raconte ceci pour dire combien j’ai été frappé par sa cohérence et sa rigueur. D’emblée, le projet était clair – car c’est bien la nuit que la phrase inaugurale de Nous serons sans voix posait en 2002 au seuil de l’œuvre: «Tu prononces le mot nuit.»

C’est à ces premiers mots que fait aujourd’hui écho la parution d’Outrenuit, un livre dur et magnifique qui vient confirmer ce que l’on savait déjà, mais qu’il faut redire sans détour: Benoît Jutras est l’un des plus grands poètes au travail au Québec.

J’aime les écrivains qui pratiquent la littérature comme un exercice de nudité. La nuit oscille ainsi entre transparence et opacité. Plus qu’un thème ou un motif, c’est un temps qui n’admet aucune illusion. Ce qui a lieu dans la voix relève d’une exigence de lucidité qui dénombre sans relâche les joies et les peines:

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