Dossier / Document

De l’alcoolisme en Amérique

Dans la foulée de Tocqueville, J.-E. Vignes, voyageur français, narre son voyage dans le Canada de 1909. Il est sidéré de découvrir le rapport à l’alcool de ses cousins canadiens.

La boisson ordinaire de tous les Canadiens est le thé, le cidre, la bière et souvent l’eau naturelle, quelquefois l’eau minérale. Le thé est principalement la boisson des Anglais, il est d’importation chinoise, pour la meilleure qualité, son prix par livre varie de 1 fr. 25 à 2 fr. 50. Dans la classe ouvrière, le thé est fait le dimanche dans un grand chaudron, et toute la semaine, au fur et à mesure qu’on le consomme, on remet dans le chaudron de l’eau en même quantité: vers la fin de la semaine ce n’est plus guère du thé, mais enfin on a l’illusion!

La bière est plutôt légère et coûte minimum 40 centimes la petite bouteille. Le cidre, assez sucré et mousseux, agréable à boire et auquel il est facile de s’habituer, revient à 50 centimes la bouteille. L’eau naturelle est peut-être bonne dans les campagnes, mais dans certaines villes, surtout à Montréal, elle est absolument impure et contaminée, et il est extraordinaire que sa consommation n’engendre pas de plus fréquentes épidémies de fièvres typhoïdes.

Le vin se vend relativement peu. Le vin canadien fabriqué surtout à Toronto est une mixture épouvantable qu’un gosier et un estomac européens ne peuvent supporter; il se vend au gallon (capacité canadienne de 4 litres 54); son prix moyen est de 3 francs le gallon.

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