Dossier

Les victimes de l’épreuve

En refusant aux élèves l’expérience de l’échec, le Ministère fait échouer tout le monde.

L’épreuve uniforme de français, langue d’enseignement et littérature (euf) révèle les faillites du système d’éducation québécois et découle d’une logique dépressionniste qui parvient surtout à abattre ceux qui y participent.

Cet examen du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport exige la rédaction d’une dissertation critique de neuf cents mots dans laquelle l’élève doit prendre position sur une question parmi les trois qui lui sont proposées. Il se voit ainsi présenter des sujets comme «Dans l’extrait de la pièce Les combustibles d’Amélie Nothomb, est-il juste de dire que les personnages ne pensent qu’à eux-mêmes?» ou «A-t-on raison de penser que l’essai “Au dépotoir” de Jean-Pierre Issenhuth et la chanson “ La rue principale” d’André Fortin présentent une même vision du progrès?»

Depuis 1998, la réussite de l’épreuve est conditionnelle à l’obtention du diplôme d’études collégiales. Le travail de l’élève est corrigé selon trois critères principaux qui peuvent, chacun, entraîner son échec: compréhension et qualité de l’argumentation; structure du texte; maîtrise de la langue, ces trois critères sont eux-mêmes divisés en sous-critères.

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