Critique – Scènes

Aiguiser la relation, interpréter l’imaginaire

Chère Jacqueline,

Après m’avoir adressé un regard souriant, tu m’as tendu une épuisette dans laquelle se trouvait un cellulaire et demandé si j’acceptais que tu me téléphones un peu plus tard dans la soirée. En pleine pandémie, j’ai saisi avec amusement cette occasion de proximité. Comme prévu, la sonnerie a retenti quelques minutes plus tard. Tu m’as confié des anecdotes personnelles qui m’ont émue, notamment le récit d’un voyage avec tes parents pendant ton adolescence. Notre conversation téléphonique m’a absorbée au point de me faire oublier que nous discutions en plein cœur d’une représentation, au vu et au su du public du théâtre La Chapelle.

L’imaginaire est un espace de dialogue. Et tu m’as embarquée dans un univers étrange dont je ne maîtrisais ni les langues ni le mode d’emploi (pourtant affiché au mur).

Nous nous sommes ainsi rencontrées d’une manière improbable durant un spectacle de Brice Noeser intitulé Direction assistée, décrit comme «une pièce chorégraphique véhiculée par quatre personnes [Elinor Fueter, Karina Iraola, Maria Kefirova et Jacqueline Van de Geer] qui se donnent des défis afin d’éprouver les tours et détours du langage». En guise d’introduction, vous avez partagé avec les gens assis dans la salle un jeu de regards subtil et bienveillant. Au téléphone, tu m’as demandé de nommer un mot qui me venait spontanément à l’esprit ainsi qu’un objet que j’avais sur moi en vue de les utiliser dans l’œuvre. À la manière d’un système mécanique conçu pour simplifier la conduite d’un véhicule, Direction assistée use de divers jeux de dialogue incongrus pour faciliter la relation.

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