Entretien

Yanick Lahens

Garder le cœur vivant

Ricarson Dorcé, ethnologue et poète, s’interroge sur la notion de «savoir». C’est quoi, savoir? Il part en voyage littéraire à la rencontre d’auteur·trices pour en discuter. Voici sa première escale, dans une série de quatre à paraître dans les pages de Liberté, avec la romancière Yanick Lahens.

Yanick Lahens est née en 1953 en Haïti. Ses livres sont traduits dans une dizaine de langues. Le 25 février 2022, elle a été nommée au grade de chevalier de la Légion d’honneur, plus haute décoration honorifique française, pour son œuvre, reconnue tant en Haïti qu’à l’étranger. L’écrivaine a aussi reçu plusieurs grandes distinctions, parmi lesquelles le prix Femina (2014) pour son livre Bain de lune et le prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde pour l’ensemble de son œuvre (2020). Détentrice d’un diplôme d’études approfondies en littérature à la Sorbonne, elle a enseigné la littérature comparée à l’Université d’État d’Haïti et elle est la première titulaire de la chaire Mondes francophones au Collège de France, créée en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie. Son œuvre examine les multiples aspects de la société haïtienne, explore le poids de la Révolution haïtienne dans l’histoire atlantique moderne et étudie les enjeux des rapports Nord-Sud. Les personnages féminins y occupent un rôle prépondérant.

Liberté — Vous avez intitulé votre leçon inaugurale du 21 mars 2019 au Collège de France: «Urgence(s) d’écrire, rêve(s) d’habiter». Pourriez-vous nous expliquer ce titre?

Yanick Lahens — Tout le développement de ma leçon inaugurale, comme l’ensemble des huit cours, repose sur l’idée centrale que nous, Haïtiens, sommes nés dans une situation de crise qui ne nous a jamais lâchés, qui a pris plusieurs formes au cours de notre histoire. En défiant un système mondial qui construisait alors sa force autour de l’exploitation des terres hors de l’Empire, de l’esclavage et du racisme, nous nous sommes placés dans une urgence structurelle puisque ce système, dans son ensemble et dans ses fondements, n’a pas vraiment changé. Et notre littérature est une des premières esthétisations de cette traversée douloureuse de l’Atlantique, des rapports de violence qui s’y sont déployés, de ceux qui se sont noués dans une nouvelle terre pour créer une civilisation. Cette littérature haïtienne n’a jamais cessé de dire le rêve d’habiter un lieu que certains se sont toujours acharnés à rendre inhabitable.

Quelle est votre conception d’une francophonie scientifique?

Je ne sais pas si j’ai bien saisi la question, mais j’aimerais commencer par dire que la francophonie est d’abord un espace politique qui permet à la France de négocier avec des pays, et particulièrement des pays d’Afrique francophone, des problématiques qui n’ont rien de culturel de prime abord. En Haïti, nous avons fait de la francophonie culturelle bien avant l’invention de ce vocable. Nous avons publié les premières revues en langue française d’Amérique dès le début du XIXe siècle. Nous avons lancé une coopération Sud-Sud au moment des indépendances africaines: beaucoup de professeurs et de professionnels haïtiens fuyant la dictature au début des années 1960 sont partis s’installer en Afrique. Il en a été de même au moment de la Révolution tranquille au Québec dans un cadre d’échange Sud-Nord.

Pour ce qui est de la francophonie scientifique, elle ne peut que s’inscrire dans un même mouvement de coopération avec des pays dont l’intérêt pour la France est bien supérieur à celui que représente Haïti pour elle aujourd’hui. Je la vois difficilement s’inscrire dans une dynamique autre. Je signale d’ailleurs que la France investit bien plus dans les Alliances françaises en République dominicaine qu’en Haïti.

Mais si vous faites allusion à la place de la France dans la recherche scientifique mondiale, il s’agit d’un tout autre débat. Nous savons combien la France s’est distinguée durant les décennies passées dans la recherche pure, et l’Amérique du Nord, depuis toujours, dans la recherche appliquée, si bien que beaucoup de chercheurs partaient vers les États-Unis. D’autant plus qu’on y assure un bien meilleur encadrement de la recherche. Et il faudrait comparer ce que fait la France par rapport à d’autres pays émergents qui ont un bassin de chercheurs, comme l’Inde ou la Chine, ou certains pays émergents en Afrique (souvent non francophones) en matière scientifique. Il y a incontestablement des mutations en cours, des reconstitutions de pôles qui obligent à regarder le monde différemment. La francophonie scientifique, à mon avis, ne peut se permettre de ne pas réfléchir à ces nouveaux positionnements dans le cadre de sa coopération avec des pays francophones.

Quel lien faites-vous entre la science et la littérature?

La littérature relève du domaine du ressenti, tandis que la science doit édicter des règles et expliquer des phénomènes. Pour reprendre une idée de Barthes que j’aime beaucoup, la littérature fait tourner tous les savoirs, mais n’en fixe aucun. Il ajoute que les sciences exactes tentent d’expliquer le monde, les sciences sociales d’informer sur le monde, alors que la littérature cherche la saveur du monde. Les registres sont très différents. Mais l’une influence l’autre sur le plan de ce qui nourrit en profondeur les changements de société et de civilisation. Je viens de lire un très beau roman, Là où chantent les écrevisses, d’une biologiste de formation, Delia Owens. Elle a su se servir précisément de son savoir sur le vivant pour écrire un hymne à la nature tout en maintenant une intrigue, en donnant une épaisseur à ses personnages et en nous remuant par la beauté et l’irrésolu. Elle réintroduit le mystère et le respect de ce vivant dans un monde moderne desséché par trop d’assurance, d’arrogance et de dévoration du vivant, des êtres humains jusqu’au plus petit organisme. Il est peut-être encore temps de bifurquer, pour reprendre une expression de Bernard Stiegler, en faisant la science autrement, et de Sentir-Penser avec la Terre, comme le démontre Arturo Escobar dans ce très beau livre. Dans Le grand dérangement, Amitav Ghosh va jusqu’à penser qu’il est temps qu’advienne une nouvelle littérature qui prenne en compte cette urgence du vivant en repensant la forme et le fond de ce qu’elle a dit jusqu’ici dans son déploiement dans la modernité.

Entre la nouvelle «Bain de lune» et le roman du même titre, il y a un écart de quinze ans durant lesquels vous avez fréquenté des amis anthropologues ou historiens; vous étiez sur le terrain pour mieux cerner la complexité du réel haïtien. Pourquoi était-ce important pour vous?

Il me fallait le faire non pas parce que je voulais écrire une thèse sur la paysannerie, mais parce que je voulais mieux comprendre un monde que je ne connaissais pas bien. J’avais séjourné dans le milieu rural au cours de déplacements de loisir, ensuite dans des cadres professionnels. J’y suis retournée pour m’immerger. Des entretiens, des lectures, des échanges m’ont aussi beaucoup appris, d’autant plus que mon choix esthétique était clair: je ne voulais pas que ce soit une voix à la troisième personne qui raconte l’histoire avec une certaine distance, mais qu’elle soit portée par la collectivité et par une voix à la première personne. Je voulais renverser la perspective et faire en sorte que ce soit ce monde qui se regarde, qui parle et qui nous regarde. Une manière aussi de montrer une déclinaison différente de la condition humaine et qui ne reprend pas forcément les codes que l’Occident veut proposer comme exclusifs de cette condition. Une voix décoloniale, comme certains me l’ont fait remarquer. Mais quand vient le temps d’écrire, il faut oublier toutes les lectures, tous les entretiens, et se mettre en état d’écriture, donc miser sur son bagage imaginaire, sensible et littéraire, et surtout se laisser surprendre par ce qui nous échappe, ce dont nous ne sommes pas maîtres et qui arrive comme un cadeau insoupçonné.

Vous êtes auteure de plusieurs articles sur la littérature et la société haïtiennes dans des revues en Haïti et à l’étranger. Quel est votre regard sur la société haïtienne? Comment la littérature haïtienne aborde-t-elle la question de la formation sociale haïtienne? Comment se construit, selon vous, la formation sociale haïtienne?

C’est une société extrêmement stimulante à bien des égards. D’abord, j’aime le répéter, Haïti est le moule et la matrice des relations Nord-Sud. Rien qu’à ce titre, on peut en tirer d’immenses leçons pour le monde en général. D’autre part, Haïti a créé, au XIXe siècle, une civilisation à partir d’un assemblage de plusieurs cultures d’Afrique, d’éléments de la culture populaire française du XVIIIe siècle et de quelques survivances autochtones. Et cette civilisation s’est créée contre la Plantation et son modèle de dévoration du monde, avec ses corollaires que sont le racisme, l’esclavage et le colonialisme. Cette civilisation proche de la terre recèle des leçons qui, précisément, peuvent servir dans le monde d’aujourd’hui où la question de la survie de l’écosystème est au cœur des interrogations. Mais elle est aussi porteuse d’une culture des élites qu’il ne faut absolument pas gommer de l’héritage. Même quand nous savons que ce clivage renvoie à une société extrêmement discriminante à bien des égards, dont les élites ont reproduit à l’interne des structures de la société coloniale. Et ce, au moment où l’Occident constituait et consolidait son empire en Asie et en Afrique par une exploitation de ces territoires et par un travail systématique sur les imaginaires et les corps. Nous nous sommes donc inscrits à la fois dans la rupture et dans la continuité.

La littérature haïtienne est le résultat de cette histoire complexe, de cette formation sociale, et elle l’a certainement reproduite en partie. L’école est un lieu par excellence de cette reproduction, mais c’est aussi une société qui a connu des mutations durant ces dernières décennies. Si on n’a mentionné pendant longtemps que la littérature écrite en français, je crois que, depuis quelque temps, on s’intéresse à la production de textes en créole à partir de récits oraux. On peut saluer, au passage, le travail de pionnière de Suzanne Comhaire-Sylvain qui, la première au début du XXe siècle, a recueilli les productions orales en créole. Et celui d’auteurs et d’autrices, perpétuant le travail d’un Morisseau-Leroy, d’un Frankétienne ou d’un Georges Castera, qui publient en langue créole, ou encore de conteurs et de diseurs comme Maurice Sixto ou Koralen.

Pour le théoricien Tzvetan Todorov, «la littérature est la première des sciences humaines». À travers vos œuvres se lit, ne serait-ce qu’en filigrane, l’histoire d’Haïti. En quoi l’histoire de la première république noire permet-elle de (re)penser la modernité?

Elle le permet, forcément. Puisque cette modernité, pour se consolider par le capitalisme conquérant et se répandre sur tout le globe, devait trouver des justifications par le racisme et l’exploitation d’autres humains que ce racisme dévalorisait. La mise en esclavage a représenté la concrétisation extrême de cette exploitation. Et voilà que des Nègres, sur un tout petit territoire, défient ce système et triomphent de la plus grande armée de l’époque, celle de Napoléon. La civilisation que crée la majorité rurale repose sur des valeurs en opposition presque totale avec les présupposés de la modernité. Elle repose sur la vie collective et non simplement sur l’apologie de l’individualisme, sur un mode d’exploitation des terres qui n’est pas la dévoration et sur un partage du peu, pour ne citer que ces aspects-là.

Vous avez été directrice générale de «La route de l’esclave», projet de l’UNESCO qui aborde la question de l’esclavage au regard des sciences et de la culture. Pour vous, Haïti est l’«île-monde», donc une centralité. Quelle est la place du patrimoine africain sur cette île? Comment y articuler le savoir universitaire, le savoir littéraire, le savoir artistique et le savoir ancestral issu de l’héritage africain? Quelle est la place de l’Afrique dans vos œuvres?

L’Afrique est incontestablement une mémoire pour nous, les Haïtiens, pour les vodouisants, pour celui qui meurt et retourne en Guinée en voyageant sous les eaux. Certains, pris dans les rets des représentations occidentales, ont hélas une image négative et faussée de l’Afrique. Et ce sont les mêmes qui portent un regard dévalorisant sur les paysans ou les couches populaires urbaines d’Haïti.

Je parle beaucoup d’Haïti dans mes œuvres, presque exclusivement. Est-ce parce que je la considère comme une île-monde? Oui, à cause de tout ce que j’ai dit plus haut. Mais tout lieu peut devenir un monde. Tout dépend de celui qui regarde. Dans quelle perspective se situe-t-il? Quelles sont ses émotions, ses interrogations, ses contradictions? Je ne parle ni de l’Afrique, ni de l’Europe, ni de l’Amérique. Bien que je ressente de plus en plus notre recentrage dans une Caraïbe large et américaine.

Il y a plusieurs questions dans votre question. Pour ce qui est du dernier aspect, je crois à une articulation de la technologie et des sciences avec les savoirs et savoir-faire locaux. Rien que l’agroforesterie ou l’expérience des femmes dans les échanges sont une source d’inspiration pour fabriquer l’avenir. Certaines expériences déjà menées en ce sens en Haïti prouvent que nous sommes capables de regarder l’avenir tout en inscrivant nos actions dans une économie durable et respectueuse des écosystèmes. Manque l’offre politique!

Quel rôle jouent les femmes d’Haïti dans la dynamique du savoir? Comment habitent-elles le monde du savoir? Quels liens faites-vous entre la question du genre, la science et la littérature?

J’ai rapidement mentionné le rôle de certaines femmes dans la réponse précédente. Mais disons qu’en Haïti, il existe «des femmes», vu la stratification sociale qui est la nôtre. Dans l’école traditionnelle, il est évident que les femmes ne vont pas spontanément vers les filières scientifiques, qui, elles-mêmes, ne sont pas assez développées, et aucune politique n’est envisagée pour les y inciter. Elles vont ou sont orientées vers le professorat ou vers les métiers du soin ou de suppléance. Même si certains progrès sont à signaler, beaucoup reste à faire pour qu’elles investissent les champs du scientifique. Mais, si nous examinons les classes populaires, les femmes représentent un poids supérieur à celui des hommes dans l’économie informelle. Cette économie est majoritaire. Certains hommes l’ont d’ailleurs compris et commencent à se lancer dans cette économie-là. Or, nous voyons que la représentation politique ainsi que le système de l’économie formelle fonctionnent comme si ces femmes n’existaient pas. Elles ne figurent pas dans le logiciel de l’État tel qu’il a été conçu, et les banques, étant discriminatoires, rétrogrades et coûteuses, ne font rien pour que le secteur économique soit dynamisé par elles.

Vous avez publié en 1990 l’essai L’exil: entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien. Selon vous, quels sont les impacts des phénomènes migratoires sur la littérature haïtienne?

Rien n’a changé depuis. Le phénomène n’a fait que prendre des formes nouvelles à chaque époque. Il est consubstantiel aux conditions de naissance même d’Haïti et de celle des pays du Sud. J’ai écrit cet essai au moment où il s’agissait pour moi de jeter un regard sur ma propre trajectoire, d’évaluer mon mode de présence ici, en Haïti, et de nommer le lieu à partir duquel j’écris, compte tenu de ces conditionnements et des pratiques, pour tracer ma propre voie.

Dès la naissance d’Haïti, les élites, déjà occidentalisées, ont été sommées de parler à l’extérieur, d’abord, pour dire que la nation existait ou que le Noir était un homme à part entière. Dans cette optique, elles ont tenté de faire leurs les composantes du seul modèle d’humanité qu’une partie du monde représentait comme tel. Et cette partie du monde habitée par cette humanité représentait le seul lieu digne d’être habité. C’est une idéologie qui a servi à construire la modernité et qui domine le monde depuis. Les élites haïtiennes auront, d’une part, du mal à faire communauté avec tous et toutes, à savoir la majorité non occidentalisée au départ, et, de l’autre, elles seront toujours taraudées par ce désir ou cette obligation d’un ailleurs-Nord. À ma connaissance, c’est un phénomène qui perdure et qui prend des formes différentes selon les difficultés d’habiter de chaque époque. D’où le sous-titre de l’opus: «Entre l’ancrage et la fuite».

Je n’établis pas de différence entre les écrivains ou les artistes vivant en Haïti ou hors d’Haïti. Je crois que la littérature s’accommode mal des assignations, d’où qu’elles viennent. Il y a de grands écrivains et de grandes écrivaines qui vivent en Haïti et d’autres qui vivent hors d’Haïti. Je ne suis pas là pour juger les choix individuels des uns et des autres, mais une idée est largement répandue par ceux d’ici et ceux d’ailleurs, à savoir que les chances d’être visible (sur les plateaux télé, dans les festivals…) sont plus fortes dans les métropoles du Nord, ainsi que celles d’être perçu par les lecteurs et lectrices restés au pays comme ayant acquis un supplément de quelque chose. Le «globalitarisme», pour reprendre Virilio, a encore hélas de beaux jours devant lui.

Vous avez joué un rôle important dans la réforme ayant intégré le créole dans le système éducatif haïtien. Les droits linguistiques, comme d’ailleurs tous les autres droits de la personne humaine, sont inaliénables. Quel serait, selon vous, l’impact d’une éducation fondée sur le respect de la langue maternelle?

La langue maternelle est essentielle pour l’apprentissage, surtout dans les premières années de la vie. J’ai participé à la mise en place de cette réforme. Je suis fière d’y avoir contribué, sous la direction d’un homme remarquable, Joseph C. Bernard. Mais, dans la Caraïbe, nous ne saurions prôner un monolinguisme fermé. Ce serait rétrograde et contre-productif. D’autant plus qu’en littérature, nous, Haïtiens, utilisons déjà quatre langues. La population elle-même, ayant noté que rien n’a vraiment été fait en matière d’aménagement linguistique pour que le créole acquière ses droits, réclame encore en très grande majorité un enseignement en français, mais a fait du créole la langue quasi exclusive de l’espace public. Je ne sais pas ce qui sortira de cette double stratégie, mais les peuples n’avancent pas toujours selon des schémas préétablis.

Vous avez animé des émissions culturelles à la radio. Vous étiez membre du cabinet du ministère de la Culture en Haïti. En 1998, vous avez participé à la mise en place de l’Association des écrivains haïtiens. En 2008, vous avez créé la fondation Action pour le changement, afin d’appuyer des jeunes dans le domaine culturel et pour construire des bibliothèques. Vous vous impliquez également dans le secteur de la santé mentale à travers l’Inisyativ sante mantal Ayiti. Vous jouez un rôle fondamental en Haïti par votre engagement citoyen. La littérature, comme espace de rencontre de l’autre, invite à l’engagement. Pour finir, en quoi sont liés votre engagement citoyen et votre œuvre littéraire?

Je me vois difficilement me contenter de ma tour d’ivoire d’écrivain dans un pays comme Haïti. C’est un choix bien sûr tout à fait individuel. Mais le dehors me nourrit pour mon écriture et je crois que ce que vous appelez engagement est pour moi mon mode de présence dans cette île et, du même coup, dans le monde. La vitalité artistique maintient le cœur en vie, même quand le corps semble approcher de la mort. Je demeure dans ce corps et près du cœur.

Cet entretien a été réalisé dans le cadre du projet «Avoir su» de l’Acfas, un organisme à but non lucratif contribuant à l’avancement des sciences au Québec. Il est publié conjointement dans le Magazine de l’Acfas et la revue Liberté.

Ricarson Dorcé est doctorant en ethnologie et patrimoine à l’Université Laval. Ses recherches actuelles portent sur la participation communautaire, le tourisme communautaire et le patrimoine culturel immatériel.

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