Trêve!

Suspendue malgré moi aux lèvres des stratèges et des géopoliticiens, j’ai beau essayer d’adhérer à la campagne publicitaire du gouvernement ukrainien – légèrement déplacée, à mon avis –, essayer d’obtempérer à son slogan phare, placardé sur des panneaux géants à Milan, à Berlin ou à Paris, et qui remplacent pour l’heure ceux de Chanel ou d’Armani: «Soyez courageux comme l’Ukraine», je suis obsédée par le mot trêve.

Il est trop tard pour être contre la guerre puisqu’elle est là, rien à faire devant l’évidence de l’agression russe, il faut donner la parole aux missiles, la paix, c’était hier, retour aux choses sérieuses, disent en chœur les réalistes.

Le 24 février 2022 aura signé non seulement le début de la désolation pour la population ukrainienne, mais aussi le retour des uns contre les autres, le retour du chant patriotique et des drapeaux, dans cette curieuse guerre par procuration. Notre nous se rangera donc derrière celui des Ukrainiens et, dans une unanimité qui, hier encore, ne nous ressemblait guère, nous ferons front contre les Russes, qui ne sont plus nos frères d’armes depuis longtemps. Retour de ce nous pourtant si louche et maintes fois invoqué (au Kosovo, en Irak, en Afghanistan…): nous les Occidentaux, nous les démocrates. Réponse immédiate au «vous les Occidentaux» de Vladimir Poutine.

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