Critique – Scènes

Nourrir le feu transformateur

«Éteindre les feux qui consument, qui étouffent. Souffler doucement sur ceux qui alimentent pour les aider à respirer. Et parfois, se placer au centre de l’âtre, bien droites sur le bûcher.» Ces mots de Martine Delvaux, issus de Pompières et pyromanes (2021), résument bien ce que cherchent à incarner les Sentinelles de l’Espace Go. À l’issue du Chantier féministe de 2019, le théâtre s’est engagé à mettre en place des actions féministes pour régulièrement faire le point, poursuivre le travail, prendre soin des autres. Pour ne jamais laisser mourir la flamme.

Pandémie oblige, la première Sentinelle aura vu le jour plus de deux ans après l’événement fondateur. Une journée essentielle, chargée des étincelles attisées par la vague Dis son nom et le mouvement #MeTooThéâtre. Un rassemblement, enfin, pour panser nos plaies, penser l’après. Une centaine de professionnel·les des arts vivants s’est donc réunie dans un théâtre «emballé» de slogans, de combustibles pour la pensée révoltée, œuvre des colleureuses de Collages féminicides Montréal.

La journée est consacrée à l’écoute et à la libération de la parole. Une journée par et pour un milieu endetté envers ses survivant·es afin de réfléchir collectivement aux pratiques de prévention des violences à caractère sexuel et d’accompagnement des victimes. Surtout, un espace pluriel où pointer le manque et rêver le changement.

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