Critique – Poésie

La réalité qui renverse

Martine Audet à la recherche de ce qui adviendra.

Depuis ses premières publications dans les années 1990, la poète montréalaise Martine Audet a habitué son lectorat à la densité d’une poésie de l’incertitude et du vertige, alors que le parcours d’un je lyrique est actualisé par le poème. Dans Des voix stridentes ou rompues (finaliste du Grand Prix du livre de Montréal en 2013), ce thème est exploré, celui de la voix, justement, de la parole. En somme, celui d’un accès au langage qui se voit éclairé au fil des trois parties de ce recueil, qui marque le retour d’Audet au Noroît après un passage à l’Hexagone, par le travail sur la langue que nécessite l’écriture des vers libres. Le rapport au langage se voit même thématisé dans ces certains poèmes:

Je me surprends à dégager la nuit
de ma douleur
les mots – sinon des mots –
les mêmes tressaillements
à la manière du cœur
agonie

Chez Audet, l’écriture et l’existence sont indissociablement liées et leur union se place aussi comme une tentative de s’extirper d’un sentiment d’exiguïté pour atteindre le plus grand que soi. Ainsi, tout au long du recueil, la recherche et le travail sur la forme et le langage apparaissent salvateurs, car ils permettent l’exploration, puis la transformation d’un quotidien cyclique et jalonné de difficultés, impasses que le poème arrive aussi à résoudre dans l’édification d’un rapport à la vérité. Il représente en ce sens un espace ouvert aux possibles, ce lieu investi qui permet de chercher cette vérité et, surtout, de la comprendre. Ici, posées en séquence récursive, ces deux actions motivent le poème. Il s’agit de chercher pour comprendre, et de comprendre pour poursuivre la recherche.

Tends le cou
Et ses tristesses

À l’échange des soleils
Des oiseaux de vents rauques

Tout vrai
Et renverse ma tête

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