Critique – Cinéma

Un temps qui fuit de toutes parts

Par Toni Pape
L’impression de vitesse dans Boyhood.

Que le temps passe vite! C’est ce que nous fait sentir le dernier film de Richard Linklater. Certes, Boyhood a été tourné sur une douzaine d’années et sa projection dure près de trois heures. Pourtant, le montage des épisodes de la vie du jeune Mason (Ellar Coltrane), que nous voyons grandir de l’âge de six à dix-huit ans, nous mène à la même conclusion que sa mère Olivia (Patricia Arquette): le temps file. Nos vies biologiques et matérielles accélèrent et se télescopent.

Cette impression de vitesse vient entre autres d’un portrait crédible et accessible de l’adolescent Mason. Si la plupart des teen movies américains nous vendent des mannequins impeccables comme filles d’à côté ou régurgitent le cliché de la High School comme champ d’une bataille éternelle entre les cool kids et les nerds, Linklater ne garde rien ou très peu de tout cela. Son film nous montre un Mason à la peau grasse et impure, qui se cherche lui-même en adoptant le style de l’année – plutôt «emo» à un moment, plutôt «surfeur» à un autre. Un style en chasse un autre, les modes prolifèrent, sans pour autant transformer les personnages en clichés. L’effet consiste plutôt à souligner le rythme accéléré de la mode politique et éthique que suivent notre vie personnelle et nos valeurs.

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