À Rome, fais comme les Romains

Perdre son temps pour retrouver sa vie.

Quand Google aura fini d’indexer nos souvenirs les plus intimes, quand les ordinateurs régneront impunément sur Terre, restera-t-il un ou deux Anciens, planqués je ne sais où, pour s’ennuyer du temps où la mélancolie pouvait s’abattre sur l’homme au point de l’empêcher de sortir de sa chambre?

Je ne sais pas, mais j’ai eu un curieux malaise, tout à l’heure: dans la salle de bain de la minuscule chambre d’hôtel où je loge, à Rome, mon regard s’est posé sur le bidet. Ça m’a angoissé. En proie à cette émotion forte, je suis sorti des toilettes, me suis étendu sur mon lit pour réfléchir: qu’est-ce qui se cachait derrière ce bidet? Pourquoi a-t-il soulevé chez moi ces transports?

Dans ce lit simple occupant facilement 80% de la pièce, je me suis demandé si je pouvais avoir quelque chose d’un proto-Marcel momentanément italien, Proust ayant, malgré lui, breveté la réminiscence, il y a cent ans.

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