Critique – Poésie

Ce qui a été ravi

La poésie de Frédérique Guétat-Liviani offre un refuge aux plus vulnérables.

«Ce qui m’intéresse c’est “Où il est le poème?” parce que lui aussi il se déplace tout le temps», explique Frédérique Guétat-Liviani dans un entretien à la suite de la publication de son dernier livre, Le premier arrondissement. Le poème est mobile, non confiné; il est, potentiellement, partout. Guétat-Liviani elle-même se «déplace» continuellement entre différentes pratiques artistiques. À partir de 1988, elle publie ses textes dans des périodiques français comme Doc(k)s, Banana Split, Action poétique, et ses livres chez de petits éditeurs comme Collodion, Plaine Page ainsi que chez Léo Scheer. Tout en étant active dans le milieu de la poésie française (elle accumule les lectures et performances publiques), elle dirige les éditions Fidel Anthelme X, collabore à des traductions et poursuit une carrière comme plasticienne.

Il n’est pas rare que sa poésie expose ses autres «amours», au détour de références à une langue étrangère difficile à pénétrer («Il faut traduire et trahir sans cesse. / Tu  ne te souviens plus en quelle langue chantait ta mère.») ou à la «fabrique» du livre, à ses considérations matérielles: le choix du support, la typographie, la «prouesse du travail» d’impression et le pouvoir même de l’imprimeur («Peu importe  les machines fonctionnent elles tourneront / ailleurs. / Les caractères se réduisent mais ne s’effacent pas.»). Le message tracé, «dessiné», a également un pouvoir manifeste, comme celui de la pancarte: «La blancheur du papier […] un marqueur noir […] Une odeur révolutionnaire. / Je dessine des lettres des astres  des chiffres des points. / Je numérote les pages d’un manifeste exsangue.»

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Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 307 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

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