Critique – Théâtre

Travailler la différence

Pourquoi les metteurs en scène québécois ne réussissent pas à s’approprier les classiques comme Ibsen.

Un ennemi du peuple, texte d’Henrik Ibsen, adaptation et dramaturgie de Florian Borchmeyer, produit par la Schaubühne am Lehniner Platz (Berlin) et présenté par le Festival TransAmériques au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts les 22, 23 et 24 mai 2013.

Un ennemi du peuple d’Ibsen, mis en scène par Thomas Ostermeier, pose avec acuité la question du répertoire, une question qui, au Québec, a besoin d’être relancée. Dans le répertoire, que monte-t-on? Comment? Et, surtout, pourquoi?

Ostermeier fait d’Un ennemi du peuple une pièce actuelle. Mais ce qui en fait une pièce actuelle n’est pas lié, je crois, aux rapports thématiques que le texte d’Ibsen entretient avec des sujets courants de l’actualité (pollution industrielle, priorisation de l’économie, rapports entre les médias et les pouvoirs politiques et économiques) ni avec le fait que l’action de la pièce ait été transposée à notre époque. La machine dramatique d’Ibsen est merveilleusement efficace: dans une petite ville dont la prospérité repose sur des établissements thermaux, un médecin, celui-là même qui a découvert les propriétés curatives de ces eaux, découvre qu’elles sont devenues nocives à cause des industries construites en amont. Le médecin veut publier un article dans le journal local, mais son projet est contrecarré par son frère, maire de la municipalité et actionnaire des établissements thermaux. Le médecin perd ses appuis les uns après les autres: journalistes, propriétaire du journal, concitoyens...

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