Dossier

Reprendre le flambeau

Pour comprendre la jonction des luttes écologiques et étudiantes, Liberté est allée à la rencontre de militant·es de la CEVES, une coalition de jeunes mobilisé·es pour l’environnement.

C’était au printemps 2019, le printemps d’avant la pandémie, dans un monde si proche et pourtant si différent. C’était avant que les mouvements sociaux ne soient paralysés par la multiplication des confinements, et que la crise sanitaire ne fasse écran à la crise climatique – bien qu’elle annonce l’enchaînement des catastrophes à venir. Les élèves du secondaire, au Québec comme ailleurs dans le monde, prenaient la rue tous les vendredis pour protester contre l’inaction climatique et le saccage de leur avenir. Chez nous, les mobilisations hebdomadaires se sont rapidement élargies aux étudiant·es du cégep et de l’université, ainsi qu’à bon nombre d’organisations de la société civile, culminant par la grande marche pour le climat organisée à Montréal en septembre 2019, en présence de la militante suédoise Greta Thunberg. Près de cinq cent mille personnes se sont alors rassemblées dans la métropole pour exiger un réel virage écologique. Un mouvement semblait s’être mis en marche, l’énergie était palpable, les enjeux climatiques étaient enfin portés à l’avant-scène.

C’est dans ce contexte qu’est née la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), une organisation visant à rassembler les forces vives des mobilisations étudiantes pour le climat. Alors que les associations étudiantes ayant porté la grève de 2012 ont aujourd’hui été démantelées, la CEVES, bien qu’elle se soit constituée en marge des structures syndicales étudiantes traditionnelles, apparaît en quelque sorte comme un relais potentiel – le prolongement de la lutte pour la condition étudiante, adapté aux exigences de l’époque. Pour mieux comprendre leurs motivations, leurs aspirations et leurs stratégies, nous avons discuté avec deux militant·es de la CEVES. Rosalie Thibault, étudiante au baccalauréat en environnement et en économie à l’Université McGill, est une co-instigatrice de l’organisation. Jacob Pirro, responsable de la mobilisation à la CEVES, a fait ses armes dans le mouvement écologiste en s’impliquant d’abord au sein d’Extinction Rebellion.

La CEVES rassemble des militant·es provenant de divers regroupements, rattachés ou non à un établissement d’enseignement et issus de plusieurs régions du Québec. Il s’agit en cela d’une coalition très différente des associations fédératives étudiantes «traditionnelles». Rosalie, vous étiez présente dès la fondation de la CEVES. Pourriez-vous nous expliquer comment vous en êtes venue à vous impliquer dans le mouvement écologiste étudiant, ainsi que le processus ayant mené à la création de la CEVES?

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Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 334 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

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