Dossier

Un vent de face

La gauche et la droite au Québec: une petite histoire du conservatisme et du climat hostile que doivent affronter les forces progressistes.

La situation de la gauche au Québec est périlleuse. Quiconque conçoit l’égalité non seulement comme un droit, mais comme une réalité à traduire dans la vie concrète; quiconque considère la démocratie comme un moyen de jouir d’un pouvoir direct sur l’existence; quiconque relie ces leviers à une insubordination mise au service de l’émancipation individuelle et collective; quiconque, en somme, agit et pense à gauche aujourd’hui est condamné à lutter dans l’ombre d’une économie, d’un gouvernement et d’un espace public foncièrement hostiles à l’égalité, à la démocratie et à l’insubordination.

Cette situation n’est pas exceptionnelle, car il y a eu très peu de moments favorables à l’égalité sociale dans notre histoire. Pour l’avenir prévisible, tenons-le-nous pour dit, cette donne ne changera pas.

La mixture arrogante de ce «nous majoritaire», balayant la question sociale sous le tapis national, nous gouvernera pour longtemps. Son arrogance est en phase avec ce que notre mode de scrutin autorise: gouverner autoritairement avec l’appui du quart de l’électorat inscrit. Cette vraie fausse majorité, ne tolérant ni l’opposition parlementaire ni la contestation judiciaire, s’en remet à «l’appui des Québécois», dont Montréal, ville perdue, les anglophones et les minorités ne font pas partie.

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