Critique – Cinéma

Fukushima: dix ans après

Le Japon, petite nation insulaire, est exposé quotidiennement à des événements naturels intenses, que ses habitants subissent comme si c’était une fatalité. «Il arrivera bien ce qui doit arriver», se dit-on. «Avec le temps, on oublie.» En raison de leur caractère passif, les Japonais ont pris l’habitude d’énoncer des formules creuses, telles que «peu importe» et «ça va passer».

En cas de conflit international, les mêmes phrases ressortent constamment: «Il y a sûrement un moyen», ou encore «L’Amérique nous viendra probablement en aide». Lorsque la guerre de Corée éclate en 1950, les États-Unis, les yeux rivés sur l’URSS, profitent plutôt de l’occasion pour fournir au Japon la technologie de l’énergie nucléaire; la stratégie, ici, est d’armer le pays afin qu’il agisse comme rempart face à l’Asie de l’Est, alors communiste. C’est dans l’année suivant la crise des missiles à Cuba que la première centrale nucléaire du Japon voit le jour, en 1963, dans un village à dix kilomètres au sud de Fukushima.

Ces dernières années, les États-Unis semblent avoir évolué vers un certain «isolationnisme». Il s’agissait alors pour eux d’utiliser le Japon et Taiwan comme lignes de défense contre la Chine. Or, en 2011, au moment même où l’Amérique s’apprêtait enfin à quitter nos terres, la centrale de Fukushima a explosé. Force est d’admettre que le fatalisme japonais, selon lequel «les choses se régleront bien d’elles-mêmes», s’est avéré impuissant face à l’ampleur du désastre.

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