Critique – Scènes

Dans le glissement du spectaculaire, se sentir appartenir

Pour beaucoup d’amoureux·euses des arts vivants, le Festival TransAmériques (FTA) marquait ce printemps un retour au spectacle in situ après des mois, parfois une année entière, de césure, loin des théâtres. Dans des jauges encore restreintes, le fait de se retrouver en petits nombres comportait ses inconvénients, mais la situation se prêtait également à créer de précieuses bulles d’intimité. Dans l’espace séparant les zones de représentation et les zones de réception des spectacles, une certaine vulnérabilité réciproque était palpable entre artistes et publics. Le quatrième mur, une frontière poreuse – comme c’est souvent le cas en art contemporain –, cette fois à fleur de peau.

Comme s’iels cherchaient à créer du lien avec les spectateur·trices à l’intérieur de leurs créations, les artistes se sont montré·es particulièrement efficaces pour construire des atmosphères intimistes tout en composant avec l’impératif de la distanciation physique. Les démarches des chorégraphes et des danseur·euses 7Starr et Lucy M. May, Katie Ward et Sarah Dell’Ava témoignaient d’une recherche de connexion singulière avec leurs publics. La danse semblait plus que jamais surgir d’un endroit «vrai», d’une place «de vérité», suscitant un sentiment d’authenticité (pour reprendre les termes de l’écrivain et artiste de la scène Jacob Wren).

Sans pour autant abandonner la virtuosité propre aux formes contemporaines de la danse, les approches du mouvement s’ouvraient et se déplaçaient vers d’autres formes de prouesses. Le rapport de fascination qui caractérise habituellement la relation entre corps récepteur de la danse et corps dansant s’estompait pour laisser place à du lien.

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