Critique – Cinéma

Portraits du désir au clair de lune

L’interdit n’a rien de nouveau dans la fiction romantique. L’œuvre phare dans le genre nous ramène à Shakespeare, racontant l’histoire d’adolescents incapables de contenir leur désir, bien que leurs familles respectives fassent tout en leur pouvoir pour empêcher cette passion. Dans le cinéma LGBTQ+ contemporain, la passion bourgeonnante qui anime les protagonistes de Call Me by Your Name, de Portrait de la jeune fille en feu et de Moonlight ne peut jamais fleurir parce qu’elle est réprimée par l’homophobie ambiante, et ce, peu importe l’époque représentée à l’écran. Or, l’interdit génère des tensions, une charge électrisante. On met donc en scène des rapports d’une explosive subtilité.


L’histoire de Call Me by Your Name se déroule durant l’été 1983 dans la campagne italienne. Elio, un adolescent avide de passions charnelles, de musique et de lecture, fait la rencontre d’Oliver, l’assistant de recherche de son père, avec qui il cohabite le temps des vacances, dans une villa qui fait rêver. Elio se rapproche peu à peu d’Oliver, sous le regard bienveillant de parents intellectuels et ouverts d’esprit. Ils vivent dans une bulle idyllique isolée du monde. Mais la décennie 1980 est aussi celle des ravages du sida, de la peur généralisée de l’homosexualité masculine, ce qui frappe ces liaisons d’un fort tabou.

De leur côté, les protagonistes de Portrait de la jeune fille en feu se rencontrent dans la France du XVIIIe siècle. En cette période où les statuts sociaux déterminent tout, Héloïse, la «jeune fille en feu», est promise en mariage à un riche Milanais, ce qui contraint d’autant plus sa liaison amoureuse avec Marianne, la peintre embauchée pour faire le portrait qui sera présenté à son futur mari. Leur passion a lieu dans un manoir isolé sur une île bretonne. Là encore, l’isolement géographique permet à la relation entre ces deux femmes de se déployer.

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