Critique – Cinéma

Gore Gore Girls

Pourtant campé dans le monde contemporain (l’apparition d’un téléphone intelligent permet de le croire), tout, dans The Love Witch, nous transporte dans les années 1960, période qui s’ajuste avec le discours (ou avec une partie du discours) de la protagoniste. Sur un mode ésotéricomique, la Love Witch ne poursuit qu’une seule quête: trouver l’homme de sa vie, un «mâle» dont elle pourra assouvir tous les besoins. Par contre, une dissonance s’immisce entre ce désir profond et ses propos féministes: Elaine, la sorcière moderne (hypnotisante Samantha Robinson), a de toute évidence conscience de sa valeur en tant qu’individu et fait sans cesse valoir des valeurs d’émancipation et de réussite.

L’ultime fantaisie

La figure de la sorcière est intrinsèquement féministe, en cela qu’elle cherche à se défaire de l’oppression patriarcale qui a longtemps pesé sur elle en reprenant, dans le monde moderne, la pleine possession de ses moyens et en affirmant son autonomie à travers rituels et pouvoirs magiques. Dans cette optique, Elaine représente un non-sens idéologique puisqu’elle utilise ses ressources, non pour se libérer, mais pour cadrer dans les attentes de la société: être une femme parfaite qui assouvira les besoins de son homme. Elle l’exprime mieux que quiconque, au cours d’ébats amoureux avec une de ses conquêtes: «I’m the love witch! I’m your ultimate fantasy!»

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Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 323 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

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  • Anna Biller
    The Love Witch

    États-Unis, 2016, 120 min.

  • Julia Ducournau
    Grave

    France / Belgique, 2016, 98 min.

  • Coralie Fargeat
    Revenge

    France, 2017, 108 min.