Dossier

Vers une dystopie supportable

Défaire la propriété, refaire le commun.

Socialisme ou barbarie. Tel était le «dilemme» que posait Castoriadis et ses camarades en 1948. Soixante-dix ans plus tard, il faudrait plutôt dire: barbarie supportable ou barbarie terminale. Si le survivalisme paraissait il y a peu la lubie d’une minorité, il s’agit désormais plutôt d’en déterminer la couleur. Dépasser l’économie qui promet libârté, emploi et croissance – mais qui provoque inégalités, insécurités et crises écologiques – ne peut plus se faire en maintenant les promesses messianiques du confort matériel.

L’avenir derrière nous

Pour ceux qui rêvent d’une autre économie, il va falloir commencer à se le dire franchement: il n’y en aura pas de facile. Les illuminés de l’intelligence artificielle, les progressistes et les Steven Guilbeault de ce monde se bercent encore d’illusions en croyant que le meilleur est devant nous. Auschwitz, Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, Bhopal, n’ont que peu ébranlé leur foi dans le progrès. Disons-le sans détour: l’avenir radieux est derrière nous. Non, il ne s’agit pas du nouveau slogan du Parti conservateur; ce n’est qu’une triste lucidité – dont les conservateurs sont incapables. Face aux contraintes écologiques qui pèsent sur notre futur, et qui, pour une bonne partie de l’humanité, pèsent déjà sur le présent, le déluge est non seulement à venir, il est à côté de nous.

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Arnaud Theurillat-Cloutier est enseignant de philosophie et doctorant en sociologie.