Politiques culturelles

Dans les tranchées du ministère

Entretien avec Jean-Paul l’Allier et Denis Vaugeois

Comment fonctionne un ministère de la Culture? Quels en sont les enjeux, les défis? Comment défend-on un projet de loi face au Conseil du Trésor? Liberté a rencontré deux anciens titulaires du poste.

Depuis la création du ministère des Affaires culturelles en 1961, le Québec a connu vingt-trois ministres de la Culture qui ont eu en moyenne une longévité de vingt-huit mois. Deux ministres l’ont été à plus d’une reprise. Si on exclut les quatre, dont Jacques Parizeau, qui n’ont exercé ces fonctions que quelques mois, on arrive à une longévité moyenne de près de trente-trois mois, une période relativement longue, du moins par rapport à l’image qu’on peut avoir de ce poste. Onze de ces vingt-trois titulaires ont été des femmes, certaines assez longtemps: Lise Bacon, Liza Frulla (quatre ans) et Christine Saint-Pierre (cinq ans).

Une autre particularité de ce ministère demeure ses nombreux changements de nom. Il a porté celui de ministère des Affaires culturelles de ses débuts en 1963 jusqu’en 1993 où il devient le ministère de la Culture et des Communications, résultat de la fusion de deux ministères distincts, bien que, de 1970 à 1993, pas moins de six ministres de la Culture aient également été ministre des Communications. S’il devient le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine en 2007, en septembre 2012, lors de l’assermentation du ministre Maka Kotto, il redevient celui de la Culture et des Communications. En fait, seule Liza Frulla, entre le 1 er janvier 1993 et le 1 er janvier 1994, aura été ministre d’un ministère connu sous le seul nom de ministère de la Culture.

Dernière remarque: le mot «culture» est présent dans la nomenclature ministérielle depuis 1961. On ne peut pas en dire autant de ministères comme ceux du Développement économique, du Développement régional, de l’Éducation et de la Science, des Ressources naturelles, de la Faune. Avec l’Éducation, les Finances, la Santé et les Transports, la Culture est une composante plutôt stable du paysage ministériel du Québec.

Conseiller constitutionnel du premier ministre René Lévesque dans les années soixante-dix, Daniel Latouche a été professeur de sciences politiques à l’Université McGill, chroniqueur au Montréal-Matin et au Devoir et Directeur de recherche à l’INRS. Depuis 2007, il agit comme consultant pour le compte des grandes agences d’appui au développement international, dont les Nations Unies, principalement pour l’Afrique.

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