Critique – Théâtre / Écologie théâtrale

La guerre des étoiles

Du critique professionnel au blogueur amateur, de l’artiste au spectateur: la critique des arts vivants entre les mains de tous?

Octobre 2012, Théâtre La Chapelle à Montréal. Les spectateurs sont invités à utiliser leur téléphone cellulaire pour envoyer des messages sur le compte Twitter du Dom Juan Uncensored, spectacle mis en scène par Marc Beaupré. Dom Juan lui-même incite les spectateurs à commenter ce qui se joue devant eux. En réalité, ceux qui osent ajouter leur mot sur le fil Twitter projeté en fond de scène le font moins pour formuler un jugement que pour participer, mais le dispositif du spectacle, franchement réussi, permet à tous ceux qui le veulent de s’exprimer sans attendre.

Le 22 mars 2014, sept critiques postés dans différentes villes européennes suivent en flux direct le spectacle And on the Thousandth Night… de l’artiste britannique Tim Etchells, présenté ce soir-là dans un festival portugais. Diana Damian Martin, initiatrice du projet, ainsi que ses confrères com­mentent le déroulement du spectacle dans de courts textes produits sur le vif et publiés sur une plateforme mise en ligne par la revue Exeunt. Pendant les six heures que dure le spectacle, qui consiste en un jeu d’improvisation autour d’une histoire racontée par sept acteurs se relayant sur scène, les critiques se relancent, se répondent et font apparaître des réseaux de sens autour de l’œuvre.

Ces réactions en direct, partagées au temps de la scène – sans mûrissement, mais avec fraîcheur – renouvellent la perspective du critique comme celle du spectateur. Quand et comment réfléchit-on à un spectacle? À qui appartient-il de le commenter? Sur quoi repose la légitimité de la critique professionnelle? Quelles sont ses responsabilités vis-à-vis de la communauté artistique, de son champ d’expertise?

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Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 311 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

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