Dossier / Science

Le téléphone intelligent, sa vie, son œuvre

  • 5,1 milliards de personnes possèdent un téléphone contre 4,2 milliards qui possèdent une brosse à dents.
  • En considérant la consommation d’énergie et la durée de vie, le téléphone portable est aujourd’hui l’appareil qui a l’impact le plus lourd sur l’environnement. Ainsi, de sa fabrication à sa destruction, un téléphone portable épuise autant de matières premières que l’extraction de 7,4 kg de cuivre, consomme autant d’énergie qu’un avion volant sur 57 km, crée autant d’effet de serre qu’une voiture moyenne qui parcourt 85 km.
  • Sa fabrication est l’étape qui dégrade le plus l’environnement. Un téléphone portable, qui pèse environ 100 grammes, est composé de 500 à 1000 pièces plastiques et métalliques différentes et contient 63% de matières plastiques et des métaux de toutes sortes, comme le nickel, le zinc, le fer et le cuivre. Les mines nécessaires à leur obtention dévastent souvent le paysage et polluent localement le sol et l’eau. Les minerais sont ensuite purifiés, raffinés et transportés. Toutes ces opérations consomment une quantité phénoménale d’énergie, en plus de produire des déchets, puis des gaz qui attaquent la couche d’ozone et dégagent du CO2.
  • Au stade de l’utilisation, c’est ce qu’il consomme en énergie qui a le plus de répercussions, car pour recharger la batterie, il faut brancher le chargeur sur le réseau électrique, et l’électricité est essentiellement obtenue à partir de combustibles, pétrole, charbon et uranium, dont la quantité est limitée sur Terre. Seule une infime part de l’électricité provient de sources renouvelables.
  • Peu de portables sont encore aujourd’hui recyclés. Ainsi, 720 millions de téléphones portables sont jetés chaque année dans le monde selon le cabinet ABI Research, qui estime que cela représente 60% des 1,2 milliard d’unités vendues annuellement. Entre 20 et 25 millions de tonnes de déchets électroniques étaient enfouis en 2009.
  • Le cycle de vie des téléphones cellulaires est très court. Si en théorie un téléphone peut fonctionner une dizaine d’années, dans les faits, les consommateurs en changent bien plus souvent: tous les deux ans, selon les chiffres de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (France). Une étude menée au Royaume-Uni en 2010 et 2011 par le Department for Environment, Food and Rural Affairs a montré que 59% des téléphones remplacés fonctionnent encore. Le cabinet spécialisé en nouvelles technologies Gartner avance, lui, des chiffres un peu plus précis: en Europe de l’Ouest, on change d’appareil toutes les 2,4 années pour un téléphone basique et toutes les 3,1 années pour les téléphones intelligents haut de gamme, de type Apple iPhone ou Samsung Galaxy S.
  • La Chine, le Pakistan, l’Inde et une partie de l’Afrique de l’Ouest sont devenus les dépotoirs informatiques des pays de l’Ouest. La récupération s’organise de façon sauvage, on extrait l’or des puces informatiques à l’acide, les hommes, les femmes, les enfants trient, chauffent les composants pour en récolter les matériaux rares, des familles entières vivent sur des terrains souillés de cendres toxiques ou près de monceaux de déchets qui sont ensuite abandonnés dans des décharges à ciel ouvert.

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