Dossier

Et si l’avenir s’échappait…

Savoir lire le monde et savoir être lu par lui.

Catastrophe! Menaces et cris d’horreur! Conscience vive du basculement. Généralement… trop tard.

On savait, mais on refusait d’y croire, pour paraphraser l’auteur du Catastrophisme éclairé, le philosophe Jean-Pierre Dupuy. Comme si la multiplication des données et des modélisations les plus sophistiquées relevait des prophéties de Cassandre. On sait. Ou plutôt, distraits par nos vies affolées, on prétend savoir. Demain, peut-être, on verra…

Comment imaginer la vis sans fin des dérèglements qui, à l’échelle du globe, barbouillent l’horizon? Et comment réaliser que c’est à la fois le corps de la planète, le corps humain, le corps social et le corps de la pensée qui sont en jeu? Cela est d’autant plus difficile qu’on interprète encore la multiplication et l’aggravation des événements majeurs – ouragans, pluies diluviennes, inondations, tremblements de terre, chaleurs extrêmes, sécheresses, incendies ou froids polaires – comme autant de symptômes passagers, à gérer en se confinant dans l’univers gestionnaire de fragmentation de la pensée, des pouvoirs et des compétences qui a contribué à les créer. Ainsi, quand les grandes marées déchiquettent les côtes françaises et emportent des falaises et que la mer de Gaspésie arrache de grands lambeaux de route, ces événements s’inscrivent dans la liste des désastres, dont les dommages, de 2000 à 2012, ont dépassé 1,7 trillion de dollars, ont affecté 2,9 milliards de personnes et en ont tué 1,2 million.

La suite de cet article est protégée

Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 315 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

Mais pour ne rien manquer, le mieux, c’est encore de s’abonner!