Dossier

Rire à corps perdu

La prise de pouvoir des femmes par l’humour.

De l’idée reçue selon laquelle les femmes n’ont pas d’humour en passant par la faible présence des femmes dans l’industrie, la scène humoristique nord-américaine se présente encore comme la chasse gardée d’un boy’s club très sélect. Or, depuis quelques années, on assure sur toutes les tribunes que la scène se transforme. Enfin, acclame-t-on, les humoristes féminines prennent massivement la place qui leur est due tout en brisant les vieux codes figés d’une féminité à défaire. En y regardant vite, on pourrait croire que les femmes en humour n’ont plus rien à envier à leurs collègues masculins. Mais l’actualité a tôt fait de nous rappeler que, si l’on est prêt à laisser une (certaine) place aux femmes dans l’industrie de l’humour, il faudra que celle-ci demeure bien balisée, cantonnée, et que ses occupantes restent justement cela: des femmes.

Laisser parler les femmes, soit. Mais entre elles. De elles. Et, de grâce, pas trop fort.

Pas plus tard qu’à l’automne dernier, Juste pour rire annonçait en grande pompe la tenue d’un gala intitulé «Décortiquer les composantes du rire» dans lequel l’humour dit «féminin» était confiné à une simple thématique au même titre que l’humour «engagé», «absurde» ou «stand-up». On invitait les humoristes à venir y faire des blagues de type «féminin». Devant l’ire de certaines humoristes féminines, la direction a clamé son innocence avant d’annuler: pourtant, tout ce que Juste pour rire souhaitait, c’était de rendre hommage aux femmes…

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