Dossier

L’humour autrement

Entretien avec Émilie Ouellette et Christian Vanasse

Comment l’humour peut-il vivre hors du filtre de l’industrie du rire? Le point de vue de deux humoristes sur la question.

Pour commencer, il m’apparaît difficile de ne pas aborder la question de l’omniprésence de l’humour au Québec. Pour deux humoristes de métier, qu’est-ce que cela implique?

Christian Vanasse — Je range l’humour à côté de la littérature, de la musique, du théâtre, bref, des arts. Pour moi, demander s’il y a trop d’humour revient à demander s’il y a trop de poésie. Cela dit, on peut se poser la question suivante: y a-t-il trop d’humour semblable? Aurait-on avantage à voir, à entendre d’autres formes d’humour? Oui. Le problème, c’est que ces autres formes d’humour existent déjà; l’ironie, la satire, la critique sociale, la parodie, l’humour noir, grinçant, tout ça est là, en ce moment, au Québec. Seulement, une certaine logique marchande les empêche d’être en évidence sur la place publique.

Émilie Ouellette — Il y a de l’humour partout. Dans les publicités, comme outil de marketing et de vente, mais aussi au téléjournal, même à la météo, pour la simple raison que ce qui fait rire est accrocheur… Même les journaux présentent une nouvelle dramatique avec un jeu de mots douteux pour accrocher ou faire rire. En même temps, je suis d’accord avec Christian: il n’y a pas trop d’humour, mais celui auquel on est la plupart du temps exposés est plus près de la marchandise que de l’art.

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