Dossier

Naissance du droit sado-libéral

Les effets pervers de la judiciarisation sans limite de l’autonomie personnelle.

Dans la mesure où cette notion est de plus en plus invoquée dans le discours juridique, je voudrais interroger ici un «droit de l’homme» émergent qui entend se fonder sur le concept d’«autonomie personnelle». S’il faut interroger ce terme, de même que la conception du droit qui le soutient, c’est justement parce qu’il paraît insoupçonnable: il est en effet souvent mis en relation avec un approfondissement de la condition démocratique, lequel implique l’autonomie des acteurs et le développement de l’initiative personnelle. En somme, il va de soi. De sorte que celui qui aurait le front de remettre en question un tel «approfondissement démocratique» courrait le risque de se placer d’emblée du mauvais côté de l’histoire, c’est-à-dire du côté des réactionnaires ou des néo-réactionnaires, comme on le dit fréquemment aujourd’hui pour cibler ceux qui s’interrogent sur certains tenants et aboutissants de l’ultra-démocratisme contemporain.

Si je suis prêt à courir un tel risque, c’est parce que le développement de ce droit comporte des risques encore plus graves, c’est-à-dire des effets très pervers qu’il faut absolument analyser afin de les prévenir avant qu’ils ne fassent loi. Car nous serions alors dans une loi perverse.

Je mènerai cette discussion à partir de deux cas. L’un se rattache à l’idée que chacun a le droit de faire ce qu’il veut de son corps, au point même que ses choix, puisque ce sont les siens, devraient ipso facto être entérinés par la loi. L’autre se rapporte à la justice distributive et à quelques formes de distorsions majeures dans la distribution des biens, des charges et des honneurs.

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