Dossier

Une impunité en fin de règne?

Trump: anything goes!

Qu’arrive-t-il lorsqu’un intimidateur parvient à la présidence d’une grande puissance et n’hésite pas à pratiquer l’insulte raciste, sexiste ou homophobe, tout en s’entourant d’une cour d’hommes blancs riches qui lui servent de gouvernement? Comment contrer l’arrogance lorsque toutes les personnes qui appartiennent à un groupe vulnérable sont les cibles désignées de la raillerie des riches et des puissants qui pensent que leur statut leur garantit l’impunité absolue?

La société étasunienne n’a pas changé depuis que Trump en est devenu le président. Il n’en reste pas moins que celui-ci en représente la face la plus hideuse, incarnant jusqu’à la caricature l’individu néolibéral. Mais on peut aussi y voir une société écartelée entre la défense des privilèges et la dénonciation des injustices.

La «petite gêne», celle qui fait la civilisation des mœurs selon Elias ou la civilisation tout court selon Freud, celle qui préside aux interactions en public de la vie quotidienne selon Goffman, semble s’être estompée. Les digues de la convention sociale, qui peuvent aussi passer pour de l’hypocrisie, disparaissent, laissant voir les rapports sociaux de domination dans leur nudité et leur brutalité. Ce néolibéralisme décomplexé est loin de se limiter aux frontières d’un seul pays et se répand comme une traînée de poudre à l’échelle internationale. Divers leaders en viennent à jouer du muscle, qu’ils aient pour nom Poutine, Kim Jong-un, Assad, Duterte, Erdogan ou Rajoy.

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