Dossier

Média, médiation et immédiateté

L’information en continu tend à donner une impression d’immédiateté, de contact direct avec l’information, ce qui semble devoir se traduire par une crédibilité accrue. Cependant, l’idée d’un média immédiat, par l’apparence de contradiction qu’elle véhicule, nous pousse à nous interroger sur le sens des mots tout en apportant une certaine confusion dans la discussion publique.

En français, l’histoire linguistique du média commence au xiiie siècle, en tirant «médiation» du latin mediatio, ce qui «joue le rôle d’intermédiaire» –  un dérivé de mediare et de medius, «être au milieu», «central». On emploie d’abord «médiation» pour parler de ce qui divise ou de la ligne qui sépare ce qui est divisé. À partir du xvie siècle, on se met à en user pour envisager la conciliation entre des personnes ou des partis. D’abord en religion, pour comprendre la relation des humains avec Dieu et ce qui l’entretient; puis en droit et en diplomatie, pour désigner l’implication d’une partie neutre.

Les adjectifs «immédiat» et «médiat» font leur entrée aux xive et xve siècles, pour exprimer ce qui précède ou suit quelque chose dans l’espace avec ou sans intermédiaire («mon voisin immédiat»). L’emploi d’«immédiat» pour parler d’un temps sans intervalle (le moment présent, le moment même, tout de suite, pour le moment et, par euphémisme, dans un avenir proche) est attesté et courant depuis Balzac (1830). C’est cette dernière forme qui s’applique à l’information en continu.

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