Dossier

Radio-Pandora.ca

Pensées en dehors de la boîte

Une ancienne journaliste du web nous livre ses réflexions sur le métier.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être journaliste. Enfant, j’étais curieuse de tout et j’adorais écouter les adultes parler entre eux. «Papa, c’est quoi le communisme?» C’est une lecture qui a vraisemblablement scellé mon destin vers l’âge de 15-16 ans: Un homme, d’Oriana Fallaci, racontait l’histoire d’un militant qui se bat contre la dictature des colonels en Grèce, dans les années 1970. L’histoire d’un résistant. C’était bien avant les attentats du 11-Septembre, bien avant que la grande reporter italienne devienne islamophobe. Moi aussi, je voulais sillonner la planète pour raconter l’histoire des damnés de la Terre qui combattent l’injustice. Et ma faim du monde était insatiable.

Le chemin à suivre s’est déroulé devant moi comme un tapis tissé d’évidences. J’ai fait des études en communication et journalisme, je me suis investie dans les journaux étudiants, j’ai réalisé un stage dans un quotidien régional, j’ai été pigiste pour un hebdomadaire culturel et surnuméraire dans deux autres quotidiens régionaux. J’ai même été journaliste indépendante en ex-Yougoslavie à deux reprises (la première en pleine guerre, en octobre 1993, et la seconde juste après les accords de Dayton, en mai 1996) ainsi qu’en Haïti (en juillet 1996). Être sur le terrain à l’étranger, en situation de guerre ou de chaos généralisé, aux côtés de «vrais» (et légendaires) reporters de grands médias du monde entier, reste à ce jour l’une des expériences les plus fortes de ma vie. Mais ces aventures relèvent désormais de ma mythologie personnelle. Les raconter serait un tout autre récit.

Le texte que je vous propose ici est plutôt lié à mon expérience en journalisme de loin la plus substantielle (et la plus décevante): de 2000 à 2010, j’ai été journaliste-rédactrice puis cheffe de pupitre pour le site Internet de nouvelles d’un grand média d’ici. Comme je suis liée par une entente de confidentialité avec lui, appelons-le Radio-Pandora.ca. J’aime bien l’idée de la boîte de Pandore. Sept ans plus tard, je suis encore prise dans l’écheveau des raisons qui m’ont poussée vers la porte de sortie du journalisme. Comme des poupées russes, une pensée en fait surgir une autre, puis une autre, puis une autre... Ce n’est jamais facile de faire le deuil d’un grand amour.

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Vous pouvez lire ce texte en entier dans le numéro 318 de la revue Liberté, disponible en format papier ou numérique, en librairie, en kiosque ou via notre site web.

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