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301 | Automne 2013
Voix d'outre-tombe

L’oeuvre d’Anne Hébert fait partie de celles qui ne s’épuisent pas, elle continue aujourd’hui de faire entendre sa vérité grave et inquiétante dans notre modernité blasée, parole d’une « épouvantable richesse », presque prophétique, elle dévoile ce que nous sommes. Et puisqu’il faut encore, et peut-être plus que jamais, défendre la littérature, je le ferai avec un argument qui m’est précieux : la littérature nous force à l’éveil, et l’oeuvre d’Anne Hébert le fait avec puissance. Il me semble en effet qu’une des tâches de l’écrivain est de nous tirer de notre sommeil et de nous sortir de nos balbutiements pour nous éveiller à la parole. Si, à mon sens, toute l’entreprise romanesque d’Anne Hébert se trouve en germe dans Le tombeau des rois, Les fous de Bassan demeure un texte d’une redoutable acuité poétique et politique, marquant aujourd’hui encore notre paysage littéraire.[...]

À propos de :
Anne Hébert, Les fous de Bassan, Points, 1998 [1982], 248 p.