Habiter ou exploiter le monde?
311 | Printemps 2016
Un lac sinon j'étouffe

Chapeau: 

Vincent n'a pas d'écailles, ou la force politique du conte merveilleux.

Effectivement, Vincent n’a pas d’écailles. Et il n’a pas de griffes, non plus. Il est sans protection contre l’air du temps, un air transparent et bien évidemment insaisissable, mais qui, par ces propriétés mêmes, pèse sur lui. Cet air, on le respire aussi ; au quotidien, on étouffe dans la même métaphysique. Quand on voit le souffle lui manquer, non pas de découvrir qu’il porte le même tee-shirt que tous ceux qui l’entourent, mais de n’avoir plus rien à dire à ses collègues de travail qui, de toute façon, ont cessé de lui adresser la parole, on reconnaît en Vincent quelque chose de notre propre vie : la peur de ne pas aspirer à ce qui essouffle tout le monde. 

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 311. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.