Suzanne Beth

La violence et le lieu

300 | Été 2013

De quel amour peut-il bien s'agir?

301 | Automne 2013

Amour : un tel titre, au sein de la filmographie de Michael Haneke, a de quoi terrifier. La production cinématographique d’Haneke touche toute une gamme d’émotions et d’affects produits par les situations de domination. C’est une des raisons pour lesquelles son cinéma est parfois si pénible, et pourtant passionnant : il ne se contente pas de montrer ces situations, il les donne à éprouver à ses spectateurs – pour lesquels ses films deviennent littéralement des épreuves.

Le prix de la jouissance

302 | Hiver 2014

Voilà un film qui a fait parler de lui ! Un film documentaire, ou du moins revendiquant un caractère documentaire, traitant de faits advenus dans l’Indonésie des années soixante – autrement dit, un film qui aurait pu passer inaperçu ou presque. The Act of Killinga pourtant suscité une attention dépassant largement un public déjà intéressé par l’Asie du Sud-Est et son histoire. Est-ce à dire que nous avons la passion des massacres ? Un goût immodéré pour les meurtriers ?

Sentir la grève

303 | Printemps 2014

Ainsi que son titre l’indique sans détour, Carré rouge sur fond noir est un film documentaire consacré à l’événement politique majeur de ces dernières années au Québec : la grande grève étudiante de 2012. Sorti un peu plus d’un an après les faits, dans un contexte sociopolitique marqué par une volonté d’oubli et d’oblitération, contestant à la mobilisation de 2012 sa nature de mouvement éminemment politique, Carré rouge s’efforce au contraire de nous replonger dans les enjeux et les affects de ces sept mois de grève et d’actions politiques.

La voie du mal

304 | Été 2014

Poursuivant le travail du réalisateur à la frontière du documentaire et de la fiction, le dernier film de Jia Zhangke est une exploration magnifique des ténèbres de la Chine contemporaine.

Existe-t-il un héritage américain ?

305 | Automne 2014

     Nebraska, le dernier film d’Alexander Payne, suit le voyage de David et de Woody Grant, un homme dans la trentaine et son père, ancien alcoolique légèrement sénile. Le vieil homme croyant dur comme fer à une publicité lui annonçant qu’il a gagné un million de dollars, il ne démord pas du projet d’aller collecter son prix en se rendant depuis sa ville du Montana jusqu’à Lincoln au Nebraska. Devant l’entêtement de son père et l’exaspération que ce dernier provoque chez sa mère, le plus jeune de leurs deux fils décide de l’y conduire.

Violence privée, violence publique

306 |

     Premier long-métrage de Justine Triet, La bataille de Solférino entrelace deux fils d’événements liés par la narration, mais distincts, du moins jusqu’à un certain point, quant à leur registre. Il suit, d’une part, Lætitia, journaliste télé et jeune mère de deux petites filles, récemment séparée de leur père Vincent.

La couleur toxique de la technologie

308 | Été 2015

L’installation vidéo The Enclave fait partie d’une œuvre plus vaste que le photographe irlandais Richard Mosse a consacrée à la République démocratique du Congo. Ce travail documente l’état de guerre permanent dans la partie orientale du pays, dont l’extraction minière dans cette région si riche en minerais et en terres rares constitue la toile de fond. Au cours de ce long conflit, les groupes armés et leurs changements d’allégeance se sont multipliés, les exactions accompagnant les hostilités devenant innombrables.

L'obsolescence programmée (de l'Amérique)

310 | Hiver 2016

Room Tone peut être décrit comme un portrait tout en sensibilité des États-Unis, de l’Amérique délabrée de l’après crise des subprimes tout autant que de ses villes à l’urbanité toujours déjà décrépie et des êtres éternellement insolvables qui la peuplent.

Le visage raviné du pouvoir

311 | Printemps 2016

Une image de la mobilisation étudiante contre les mesures d’austérité du gouvernement libéral au printemps 2015 colle à ma mémoire. C’est une manifestation de soir au début du mois d’avril, le point de rendez-vous est le Carré Saint-Louis. Comme le SPVM entreprend immédiatement de disperser le rassemblement, de petits groupes s’éparpillent et se retirent un peu plus loin à l’ouest. La scène se déroule ainsi boulevard Saint-Laurent au sud de l’avenue des Pins.

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