Simon Brousseau

Des vertus de l'effacement

308 | Été 2015

Il y a tant de raisons de désespérer qu’on ne sait plus par où commencer pour penser la situation humaine. On voudrait poser le problème correctement dans l’espoir fou de le résoudre, mais le langage se délite sous l’effet de la catastrophe qu’on pressent lorsqu’on s’autorise à imaginer le pire. 

Le désespoir, et après?

309 | Automne 2015

Cela peut être difficile à admettre, mais il y a parfois dans le désespoir – ou dans une certaine forme de désenchantement qu’on nomme désespoir – quelque chose de gratifiant, comme si cet état était un gage de sensibilité devant l’injustice du monde. On sent par moments poindre ce raccourci dans Le repaire des solitudes, premier recueil de nouvelles de Danny Émond.

Tout dans le presque rien

310 | Hiver 2016

Éclipsés par la lumière bleutée de nos écrans, étouffés par le bruit de fond des informations qui nous sollicitent, les détails les plus discrets de l’existence glissent sur notre rétine et se succèdent sans laisser de trace. L’œuvre de Lydia Davis peut être décrite comme une pratique d’attention soutenue à ces détails.

Le nouveau terrorisme de Victor-Lévy Beaulieu

312 | Été 2016

Il y a longtemps que Victor-Lévy Beaulieu invente des formes pour exprimer l’importance qu’il accorde à la littérature. Chacun des auteurs auxquels il s’est arrêté mérite sa forme propre parce qu’ils ont tous, à leur manière, façonné l’homme qui leur rend hommage. Après ses écrits sur Ferron, Hugo, Kerouac, Voltaire et Tolstoï, après la monumentale lecture-fiction consacrée à Melville et l’essai-hilare sur Joyce, voilà que Beaulieu s’attaque à Nietzsche, ce géant qui, à la fin du XIXe, affirmait écrire pour les lecteurs du siècle à venir, c’est-à-dire pour nous.

Les poupées sacrifiées

313 | Automne 2016

À lire les romans d’Elena Ferrante, je comprends comment l’amitié peut vivifier mes souvenirs et redonner au passé sa consistance.