Séduits par la droite
313 | Automne 2016
Sexus inutilis ?

Chapeau: 

La parité est une façon pragmatique d’établir une égalité entre les hommes et les femmes. Au-delà de cette opposition binaire existe cependant une multiplicité d’identités qui ne se résument pas à un simple combat des sexes. À quoi aspirer au-delà la parité?

Il fut un temps où tout était si simple. Il y avait des hommes, il y avait des femmes. Des identités fondées sur un programme invitant les mâles à incorporer le masculin – appelons ainsi tout l’attirail corrélé à la virilité et / ou à l’autorité – et à investir les territoires idoines pour devenir des hommes, et les femelles à performer le féminin et à occuper le territoire de la féminité, corrélée à la douceur et à la subordination – et à s’y tenir ! – pour devenir des femmes. Mais voilà que, progressivement, du trouble s’est introduit dans le système d’assignation. Il en est qui ne se reconnaissent pas dans ces modèles, refusent d’endosser ces rôles normatifs et prennent leurs distances, assouplissant ce faisant les normes. Il en est d’autres qui adoptent carrément les comportements attribuables à l’autre sexe : des femelles qui investissent des territoires masculins et deviennent des hommes, des mâles qui s’identifient au féminin et deviennent des femmes. Celleux-là (oui, la langue s’enfarge dans le genre) constituent l’ultime preuve, s’il en fallait, que rien de tout cela n’est naturel : le féminin – et son avatar qu’est la féminité – ne vient pas naturellement aux femelles, pas plus que le masculin n’est inhérent aux mâles.

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 313. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.