Serge Cardinal

Au-delà des bonnes intentions

298 | hiver 2013

L’importance de L’exercice de l’État tient à ceci qu’il pose une question difficile d’une manière concrète : que peut le spectateur pour le citoyen ? Plus précisément, ce film m’a posé cette question, que j’adresse à mon tour à ceux et celles qui l’ont vu ou le verront : dans quel état se retrouvera notre scepticisme citoyen une fois que celui-ci aura été exposé à cet exercice de l’État ? [...] 

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La violence des bons sentiments

299 | printemps 2013

Une question se pose, au sujet du film Inch’Allah : pourquoi être allé jusqu’au Moyen-Orient, à la frontière qui sépare Israël et la Palestine, s’il s’agissait seulement de filmer la mèche rebelle d’Évelyne Brochu, l’actrice ? La question est peut-être idiote, mais elle n’est certainement pas logistique, au sens où l’entendrait un producteur, ni esthétique, au sens où l’entendrait un coiffeur. C’est une question politique, au sens où devrait l’entendre une cinéaste.[…]

À propos de : 

L'art des seuils

300 | Été 2013

Pour rejoindre La mise à l’aveugle,il fallait d’abord se rendre sourd aux échos nous parvenant des cercles cinématographiques. C’est bien, mais Galiero ne sait pas filmer le milieu de la finance; c’est bien, mais on dirait qu’il a cherché à faire un film populaire… Tels sont les mots d’ordre lancés par quelques critiques, programmateurs et cinéastes parmi les plus sophistiqués, mots d’ordre d’autant plus assourdissants qu’ils étaient introduits par la formule du jugement mondain: «C’est bien, mais…»

Les planeurs

301 | Automne 2013

La grande invasion, documentaire de Martin Frigon tourné en 2012, veut décrire la phase terminale de la banlieusardisation des Laurentides, celle où les villages et les villageois, les camps en bois rond et leurs pauvres héritiers, les maisons à la campagne et leurs hypothéqués, sont pillés et volés par les coureurs de spas, les usuriers de la terre, les agents immobiliers, avec la complicité de maires rompus à l’économie financière, pour qui le bord d’un lac n’est plus un lieu où s’arrêter, s’attarder et peut-être construire une

La mesure contre le poids

302 | Hiver 2014

Le film s’ouvre sur des images difficiles à supporter. « It’s intimate and ugly », comme le rappellera le général Grant. Ces images ne disparaîtront jamais complètement ; elles voudront revenir à la surface. Ici, trois colonnes de morts sur la première page d’un journal. Là, une brouette de membres amputés. Mais il y a plus insupportable encore : le poids de six cent mille morts n’a pas fait pencher la balance en faveur des vivants.

Le retour de la terre

305 | Automne 2014

     La grandeur de Gravity se mesure à ceci que jamais ce film ne pourra entrer dans votre salon. Car tout et n’importe quoi entre dans votre salon, des tonne de débris, n’est-ce pas! par les oreilles et du bout des doigts, jusque dans les yeux, la bouche et dans le cul : des ragots, des infos, du porno. Les astronautes Sandra Bullock et George Clooney mettent le peu de corps qui leur reste à nous arracher à cet espace d’indifférence et d’instrumentalisation pour nous approcher le plus possible du monde. Comment !

La plus longue caresse du monde

311 | Printemps 2016

Effectivement, Vincent n’a pas d’écailles. Et il n’a pas de griffes, non plus. Il est sans protection contre l’air du temps, un air transparent et bien évidemment insaisissable, mais qui, par ces propriétés mêmes, pèse sur lui. Cet air, on le respire aussi ; au quotidien, on étouffe dans la même métaphysique.

Un lac sinon j'étouffe

311 | Printemps 2016

Effectivement, Vincent n’a pas d’écailles. Et il n’a pas de griffes, non plus. Il est sans protection contre l’air du temps, un air transparent et bien évidemment insaisissable, mais qui, par ces propriétés mêmes, pèse sur lui. Cet air, on le respire aussi ; au quotidien, on étouffe dans la même métaphysique.