Prendre la littérature au sérieux
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Rire pour ne pas mourir

Chapeau: 

La survivance à l’œuvre dans l’écriture de Marie-Andrée Gill

Dans Frayer, le second recueil de Marie-Andrée Gill, on retrouve la voix vive, décomplexée, presque délinquante mise en place par la poète dans Béante, son premier ouvrage. Dans l’un comme dans l’autre, l’auteure explore les questions d’identité et de mémoire collective, mais alors que Béante le fait en décortiquant le corps, sa matérialité et sa rencontre avec l’autre, Frayer nous dépose aux limites géographiques du territoire de l’auteure. Les premiers poèmes en dessinent les frontières : devant, la vaste étendue d’eau du Piekuakami ; derrière, la réserve qui se déplie parmi les maisons identiques et les chiens errants. Entre les deux, le rempart de béton que le temps et l’eau ne cessent de gruger, et qui se dresse comme un hiatus entre l’immobilité et la fuite. Debout là, le regard tourné vers le large, une femme. C’est entre eux – la femme et le lac – que le dialogue s’établira. 

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 314. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.