Pierre Lefebvre

La peur du loup

310 | Hiver 2016

Je vivais à Paris depuis, je ne sais pas, un an et demi peut-être, disons deux ans, assez longtemps en tout cas pour avoir l’impression d’y être depuis longtemps. Un samedi après-midi que je mangeais un cornet de crème glacée en niaisant devant la vitrine d’une librairie, j’ai eu un drôle de malaise.

Pierrot Ross-Tremblay - La souveraineté comme responsabilité

310 | Hiver 2016

LIBERTÉ -  La souveraineté telle qu’on l’entend dans la tradition occidentale moderne avait-elle un sens en Amérique du Nord avant l’arrivée des Européens?

Repenser la souveraineté - Présentation du dossier

310 | Hiver 2016

La souveraineté est loin d’être une chose simple. Le mot lui-même découle, comme on s’en doute, de «souverain», du latin superus, soit le supérieur, l’au-dessus des autres, bref, celui qui n’est subordonné à personne. Si le principe de souveraineté s’est au départ incarné dans la personne et le corps même du roi, au fil du temps, il a fini, à partir de l’époque moderne, par se loger plutôt dans une institution, l’État-nation. Pour nous autres contemporains, par contre, l’État souverain qui ne serait subordonné à personne semble de moins en moins une évidence.

Le retour des outardes

311 | Printemps 2016

La première fois que j’ai vu des outardes partir dans le Sud, et peut-être en fait qu’elles en revenaient, c’était dans le ciel de Charlemagne, en banlieue de Montréal. Mon père ou mon frère devait me les avoir fait remarquer. J’étais trop du genre dans la lune pour m’apercevoir de leur présence fugace au-dessus de ma tête. Ces oiseaux-là, leur formation en « V », la façon dont ils se relayaient pour être le premier en avant à fendre le vent m’ont, je l’avoue, beaucoup impressionné.

Habiter ou exploiter le monde? Présentation du dossier

311 | Printemps 2016

Si nous portons notre regard sur les installations pétrolifères de Syncrude à Fort McMurray en Alberta, sur les forêts abitibiennes scarifiées par les coupes à blanc ou le site minier Manitou-Goldex, abandonné, à Val-d’Or, on se demande assez vite si nous savons encore habiter le monde. Le sol, la boue, l’humus, l’air, les quenouilles, les maringouins semblent aujourd’hui être pour nous plus abstraits et, du coup, moins sensés, moins signifiants, que les retombées économiques, le taux de chômage ou le bourdonnement de la bourse de Tokyo. 

Le monde meilleur

312 | Été 2016

Ça se passe dans le métro. Du wagon, surtout quand il est en mouvement, on voit du jaune, presque une tache, même si c’est trop rectangulaire pour en être une, on s’en rend compte une fois sur le quai. C’est une affiche, on le voit bien. On voit aussi comme il faut le jaune pâle, presque pisse, qui tire un peu sur l’ocre. On voit le gars. Il est ordinaire, il n’y a pas d’autre mot. Rondelet, un peu, à peine, avec des joues de bébé, pas tout à fait un double menton mais presque. Disons, pour faire bonne mesure : un menton et demi.

Martin Faucher - Du sensible au politique

312 | Été 2016

LIBERTÉ : Vous entamez votre troisième année comme directeur artistique du FTA. Quelle part de l’héritage de la direction précédente voulez-vous conserver et quels sont les aspects du Festival que vous souhaitez modifier, développer ? 

Enfermés

313 | Automne 2016

J’ai vu en mai dernier, dans le cadre du Festival TransAmériques, Une île flottante / Das Weisse vom Ei du suisse allemand Christoph Marthaler. Je dis «vu», mais ce n’est pas vrai. Ou, en tout cas, pas juste. «Assisté à» ou «expérimenté» ne sont pas sans mérite, mais, au final, ne font pas tellement mieux.

Séduits par la droite - Présentation

313 | Automne 2016

À l’origine, le présent dossier s’était donné comme horizon de réfléchir à la droite bien à droite. Devant la montée en Europe de partis politiques comme le Front national en France, le Parti pour la liberté aux Pays-Bas, la Ligue du Nord en Italie ou le British National Party au Royaume-Uni, le Québec, nous semblait-il, allait peut-être un peu vite en déclarant : « Dieu merci, des affaires de même, on n’en a pas chez nous.

Prendre la littérature au sérieux - Présentation

314 |

On ne sait plus trop, c’est un des traits charmants de notre époque, quoi attendre de la littérature et, moins encore, qu’en faire. On peut s’en désoler. D’ailleurs on ne s’en prive pas. L’important dans ce temps-là est de garder à l’esprit que l’essentiel des âges nous ayant précédés ne voyait pas plus quoi faire de ces drôles de textes. Platon déjà, c’est pour dire, c’est l’exemple des exemples, souhaitait, pour le bien-être de la République, mettre les poètes à la porte de la Cité. Voltaire et Beaumarchais se sont retrouvés enfermés à la Bastille.

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